Grâce au soutien de la fondation Maud Fontenoy, 100 jeunes issus de foyers de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) de Marseille profitent d'une semaine de vacances à Saint-Tropez, symbole du lieu de vacances par excellence. Vêtus de polos rouges et blancs, ils parcourent les rues de la cité tout sourire, débordant d'énergie, loin du tumulte de leur quotidien.
Un programme riche entre découvertes et sensibilisation
Au programme de ces cinq jours : visites, balades, ateliers sur l'environnement et activités autour de la mer. Ces jeunes viennent tous de foyers de l'ASE de Marseille, où des parcours chaotiques les ont menés à être placés dans ce service départemental chargé de veiller à la sécurité, la santé et le développement des mineurs en danger ou en risque de l'être. Les conditions dans ces structures sont souvent inadaptées.
« Il y a un turn-over des équipes très important. Les foyers remplissent leur mission primaire, subvenir aux besoins basiques des enfants. Mais il n'y a quasiment pas d'accès à la culture, pas d'accès aux loisirs et encore moins la possibilité d'avoir des vacances », témoigne Hamza Bensatem. Ancien enfant placé, ce jeune de 27 ans a fondé l'association Ade pape 13 avec un objectif : « Je ne veux pas que les enfants vivent ce que j'ai vécu. » Pour ses initiatives positives, il a reçu un prix et a même été invité à témoigner aux États-Unis par l'administration Biden.
Un projet né d'une rencontre
Il y a un an, Hamza Bensatem découvre l'engagement de Maud Fontenoy à travers un reportage à la télévision. Il lui écrit pour qu'elle puisse rencontrer les enfants en foyer : « Les jeunes filles, en particulier, sont un peu fatalistes. Je me suis dit qu'une figure inspirante comme elle pourrait leur apporter du positif, montrer l'image d'un adulte qui ne soit pas défaillant. Ils ont droit aussi d'entendre de belles histoires. » En une semaine, la navigatrice le rappelle. Les premières pierres du projet « L'été bleu à Saint-Tropez » sont posées.
Après une intervention auprès des jeunes, tous deux désirent aller plus loin. Pour Hamza, la réponse est simple : des vacances. Quitter leur cadre quotidien le temps de quelques jours. « Je cherchais une ville et je sais que Saint-Tropez est sensible à cette cause. Le village est le symbole du lieu de vacances par excellence, le monde entier rêve d'y aller, pour les enfants ça paraissait inaccessible mais ils sont bien là. C'est un beau message », sourit Maud Fontenoy.
Un message d'espoir et de confiance
Pour lancer cette semaine, les 100 enfants ont visionné le documentaire Bleu de Maud Fontenoy au cinéma Star, suivi d'une séance de questions. Elle souhaite véhiculer de l'espoir à ces jeunes. « Nous n'avons pas tous les mêmes chances à la base mais il faut construire son propre rêve et s'y agripper pour trouver les moyens d'y arriver. J'aimerais qu'ils gagnent de la confiance en eux », déclare-t-elle.
Interrogée sur l'ambition du projet, elle répond : « Nous aimerions que cette opération soit renouvelée chaque année : qu'elle devienne les vacances des enfants oubliés grâce au soutien de nos mécènes. »
Saint-Tropez, un symbole d'accueil
Hamza Bensatem souligne l'importance de la commune : « J'étais surpris qu'une commune soit autant associée au projet. L'ASE est l'affaire de tous et c'est bien le message de Mme le maire : Saint-Tropez accueille tout le monde. » Sylvie Siri, présente mardi 30 juin à l'arrivée du groupe, a tenu à saluer « ce beau projet » et souhaiter la bienvenue aux 100 petits vacanciers.
Au-delà du symbole, le cadre naturel et la mer offrent une découverte précieuse. « Même s'ils viennent de Marseille, ils n'ont pas l'occasion d'en profiter. Donc cette semaine est placée sur le thème de la découverte de la mer avec une sensibilisation à la biodiversité et à la beauté qui nous entoure », conclut Maud Fontenoy.



