Le festival de courts-métrages « Carpentras fait son cinéma » n'aura pas lieu cette année dans la ville du Vaucluse. L'organisation a annoncé ce vendredi l'annulation de sa septième édition, déplorant une décision de la nouvelle mairie RN de supprimer une subvention allouée à l'association. De son côté, le maire évoque un impératif de « rigueur budgétaire ».
Une subvention supprimée après sept ans
Le festival, qui accueillait chaque année des tournages pour réaliser des films de huit minutes mettant en valeur la ville, devait initialement se tenir du 28 avril au 2 mai avant d'être reporté. Dans un communiqué, les organisateurs indiquent avoir « pris acte de la décision de la nouvelle municipalité de ne pas reconduire l'événement, en supprimant la subvention allouée par la ville depuis sept ans ».
Le maire Hervé de Lépinau a justifié cette décision par la situation financière de la commune : « On n'a plus les moyens à Carpentras, avec 86 millions de dettes laissées par le précédent exécutif de gauche, de financer ce type d'associations, je le regrette ». Il a ajouté : « La ville n'a plus d'argent, on a dû hiérarchiser les subventions attribuées, on a privilégié les clubs de sport par rapport à ce type d'associations qui n'ont qu'un événement unique dans l'année ».
La mairie défend son engagement culturel
Le maire a défendu l'engagement culturel de sa municipalité, citant les cinq millions d'euros accordés à la Bibliothèque-musée l'Inguimbertine, qui accueille actuellement « une magnifique exposition d'Ernest Pignon-Ernest ». De leur côté, les organisateurs du festival se targuent d'avoir « permis à de nombreux habitants de découvrir les métiers du cinéma et de participer aux différents tournages ». Ils ajoutent que « les films qui mettent en valeur notre ville ont été diffusés dans des festivals dans le monde entier et ont remporté de nombreux prix ».
Un précédent avec le planning familial
Cette annulation fait suite à une autre décision controversée : début juin, le conseil municipal votait la suppression de la subvention annuelle accordée au planning familial, association historique de défense du droit à la contraception, à l'avortement et à l'éducation à la sexualité. L'association dans le Vaucluse y voyait un « combat d'idées » avec des valeurs « fondamentalement opposées ».
Le maire avait alors réagi en disant « assumer pleinement », accusant l'association de prendre « régulièrement et ouvertement position contre le Rassemblement national » et d'être devenu « un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d'une idéologie controversée qu'est le wokisme ».
Depuis les municipales de mars, plusieurs mairies RN ont suscité la polémique avec des pièces de théâtre déprogrammées ou des coupes budgétaires dans la culture, justifiées parfois par des besoins d'économies, des divergences idéologiques ou la promotion d'une culture « plus populaire ».



