Le photojournaliste français Boris Allin, originaire de Lambesc (Bouches-du-Rhône), a interpellé un voyageur qui jetait son mégot sur le quai de la gare Valence TGV. Il a filmé la scène et confronté l'auteur de cet acte d'incivisme, particulièrement dangereux en période de risque incendie. Il raconte son intervention.
Un geste dangereux en période de sécheresse
Boris Allin explique avoir été sensibilisé dès l'enfance aux risques liés aux mégots. « Toute mon enfance on nous a bassinés sur les risques liés aux mégots. On a été sensibilisés sur le fait de faire attention à la nature. Aujourd'hui on parle plus des feux parce qu'ils se rapprochent de Paris, mais depuis toujours chez moi mes parents m'ont alerté sur ce risque, idem à l'école, où on nous disait de gronder ceux qui jettent leurs mégots », déclare-t-il.
Le photographe souligne que cet acte est à la fois polluant et incendiaire. « Dès que je vois quelqu'un jeter un mégot, acte par ailleurs très polluant, je sais qu'il y a des chances que ça mette le feu à la forêt. Les gens s'en foutent alors que c'est notre patrimoine qui part en fumée. »
L'importance de l'intervention citoyenne
Boris Allin estime qu'il est crucial d'intervenir face à de tels comportements. « Déjà, il est interdit de fumer sur les quais et personne ne respecte ça. J'ai demandé à la contrôleuse de faire une annonce qui m'a répondu qu'elle ne pouvait pas interdire aux gens de fumer. Mais factuellement, c'est interdit. On ne peut pas mettre un flic à chaque coin de rue, donc il faut sensibiliser les gens à avoir des gestes de bon sens et respectueux de l'environnement. »
Il ajoute que son action a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. « Quand j'ai fait mes stories, j'ai eu des centaines de personnes qui m'ont dit qu'ils avaient été témoins de comportements similaires. Ce n'est pas un cas à part. »
Un face-à-face maîtrisé
Interrogé sur les risques de sa confrontation, le photographe admet une certaine appréhension. « Il y a toujours une part d'appréhension car ça m'est déjà arrivé de me faire engueuler en confrontant certaines personnes, juste parce que je leur avais dit de ne pas jeter leur mégot car ils risquaient de mettre le feu. Mais j'ai aussi le physique qui me permet d'intervenir et je comprends ceux qui ont peur. »
Il précise que l'homme interpellé à Valence a finalement été coopératif. « La personne à Valence, lorsque je suis allé la revoir une seconde fois, était douce comme un agneau, mais ce n'est pas toujours le cas. »
Une prévention estivale
Boris Allin utilise son audience Instagram (185 000 abonnés) pour sensibiliser. « Tous les étés je chope des gars qui jettent leurs mégots pour faire de la prévention. Quand on voit qu'à Fontainebleau, pour le deuxième feu, c'est encore un abruti qui a jeté un mégot, on se dit en 2026, ce n'est pas possible. Il faut essayer à notre échelle de limiter ce risque-là. Ce sera déjà un grand pas. »
Le photographe rappelle que les incendies de forêt sont souvent provoqués par des gestes négligents. Selon les statistiques, chaque année en France, des milliers d'hectares de forêt partent en fumée à cause de mégots mal éteints. En 2025, plus de 10 000 hectares ont été détruits par le feu, dont une part significative due à des mégots.



