L'association Ville et Banlieue, qui porte la voix des quartiers populaires, va lancer un « tour de France » en vue de l'élection présidentielle de 2027 pour peser dans les débats et « empêcher le pire » que serait selon elle l'arrivée du Rassemblement national (RN) au pouvoir.
Un tour de France pour faire vivre l'appel de Grigny
« On a la volonté de lancer dès le début de 2027 […] un tour de France avec des étapes pour faire vivre, dix ans après, l'appel de Grigny, et pour faire des propositions qui seront utiles dans le cadre des élections présidentielle et législatives », a déclaré lors d'un point presse Gilles Leproust (PCF), président de l'association. Lancé en octobre 2017 par une centaine de maires, l'appel transpartisan de Grigny (Essonne) réclamait au gouvernement un sursaut en faveur des quartiers populaires, en revenant notamment sur les coupes budgétaires visant les contrats aidés.
« Du souci à se faire »
« Nous allons travailler sur un document, avec un premier objectif, c'est que les 6 000 000 d'habitants des quartiers prioritaires ne soient pas les grands oubliés de ce scrutin », a ajouté Gilles Leproust, qui entend jouer un rôle « d'alerte et de mobilisation pour empêcher le pire avec l'arrivée du RN en 2027 ». Les habitants des quartiers prioritaires ont selon lui « du souci à se faire » parce que les élus RN considèrent « que la politique de la ville c'est trop d'argent dilapidé », a ajouté le premier édile d'Allonnes (Sarthe).
« Nous avons des situations qui s'aggravent, mais qui s'aggravent vraiment », a reconnu Catherine Arenou, maire DVD de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), citant notamment la crise du logement comme premier facteur de précarité. Damien Allouch, maire PS d'Épinay-sous-Sénart (Essonne), a lui critiqué des territoires « mis de côté soit par méconnaissance soit par volonté d'invisibiliser » sous les deux présidences d'Emmanuel Macron. « Les tenants de discours extrémistes à droite vont nous expliquer […] qu'on est le problème et vont développer de manière encore plus précise et plus violente la question de la concurrence entre les territoires », a-t-il regretté, redoutant une « mise au ban » des quartiers.
Ce tour de France vise à mobiliser les habitants des quartiers populaires et à faire entendre leurs voix dans le débat public, alors que les inégalités territoriales et les discriminations persistent. L'association espère ainsi peser sur les programmes des candidats à la présidentielle et aux législatives de 2027, en mettant en avant des propositions concrètes pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers prioritaires.



