Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts, a réitéré son appel à l'union avec La France insoumise, dans une interview accordée au média en ligne Vert publiée ce mardi 23 mai. Selon elle, une alliance entre les deux formations est indispensable pour porter un projet écologiste et social crédible en 2027. « Il faut arrêter de se regarder en chiens de faïence. Nous avons une responsabilité commune », a-t-elle déclaré.
Une main tendue qui s'inscrit dans la durée
Ce n'est pas la première fois que Marine Tondelier évoque une coopération avec LFI. En avril dernier, elle avait déjà salué la proposition de Jean-Luc Mélenchon de constituer un « front populaire » pour les législatives anticipées. Cette nouvelle déclaration intervient alors que les discussions sur une liste commune aux européennes de 2024 ont échoué, chaque parti ayant choisi de partir séparément.
La secrétaire nationale des écologistes insiste sur les convergences programmatiques, notamment sur la question du climat et de la justice sociale. Elle estime que les deux mouvements partagent des « combats communs » comme la lutte contre la précarité énergétique ou la défense des services publics. « Nous devons construire une alternative crédible à la macronie et à l'extrême droite », a-t-elle ajouté.
Des divergences persistantes
Cependant, des divergences stratégiques demeurent. Tondelier a rappelé que les écologistes ne sont pas favorables à une « union sans conditions » et qu'ils défendent leur autonomie politique. Elle a notamment évoqué le désaccord sur la question nucléaire, EELV prônant une sortie rapide tandis que LFI est plus nuancée. « Nous ne sommes pas des godillots de LFI », a-t-elle prévenu.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique tendu à gauche, où les négociations entre les partis peinent à aboutir. Alors que les écologistes ont obtenu 13,5 % aux dernières européennes, ils espèrent peser dans les futures alliances. Selon un sondage Ifop réalisé en mai, 67 % des électeurs de gauche seraient favorables à une union entre EELV et LFI pour 2027.
Une stratégie électorale assumée
Pour Marine Tondelier, cette main tendue est aussi un calcul électoral. « Nous avons besoin d'être unis pour gagner, et pour être en capacité de négocier des rapports de force favorables », a-t-elle expliqué. Elle appelle à la création d'un « pôle écologiste et social » élargi, qui pourrait inclure d'autres forces comme le Parti communiste ou Génération.s.
La dirigeante écologiste prépare déjà les échéances de 2024 et 2027, et veut éviter les erreurs du passé. Lors de la présidentielle de 2022, l'échec de la primaire populaire avait affaibli la gauche. « Nous devons tirer les leçons de nos divisions », a-t-elle insisté. Cette nouvelle déclaration pourrait relancer les discussions au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), fragilisée par les récentes dissensions.
Réactions à gauche
Du côté de La France insoumise, on accueille favorablement ces propos. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a répondu sur Twitter : « La main est tendue, saisissons-la. L'union est la condition de la victoire. » Mais certaines voix, comme celle de l'eurodéputé insoumis Damien Carême, se montrent plus sceptiques, rappelant les divergences sur le fond.
Au sein d'EELV, cette stratégie ne fait pas l'unanimité. Certains cadres, comme le député Julien Bayou, craignent une perte d'identité du parti. « Nous devons rester nous-mêmes, avec nos valeurs et nos méthodes », a-t-il déclaré. La question sera débattue lors du prochain conseil fédéral, prévu en juin.



