Mégots et déchets : les saisonniers de Sète à l'assaut des plages
Sète : les saisonniers nettoient les plages, mégots en tête

Chaque été, la Ville de Sète recrute des agents pour le nettoyage manuel de ses plages. Sur la plage du Lazaret, Roman Poujade, muni de sa pince et de son sac-poubelle, passe derrière les plagistes pour collecter les déchets laissés par les vacanciers. En une seule journée, il peut remplir entre deux et sept sacs-poubelle, un chiffre qui illustre l'ampleur de la tâche. Malgré l'interdiction de fumer en vigueur depuis juillet 2025, les mégots restent particulièrement nombreux sur le sable.

Une mission quotidienne dès 7 heures

Roman Poujade commence sa journée à 7 heures et travaille jusqu'à 13 heures, six jours sur sept. Ce jeune homme, titulaire d'un bachelor en management du sport, a rapidement appris à maîtriser sa pince : « Au début je galérais à attraper les papiers avec la pince, mais au bout de trois jours, j'étais rodé. » Sa tournée débute par la plage du Lazaret, encore calme à 8 h 30, où il arpente les accès et les dunes pour ramasser tout ce que les plagistes ont laissé derrière eux : bouteilles en plastique, serviettes en papier, claquettes, légumes frais, et même des bonbonnes de protoxyde d'azote et des cartons de pizzas.

Le nettoyage manuel complète le passage de la cribleuse du prestataire Nicollin, qui intervient chaque matin sur la majeure partie de la plage. Malgré ces efforts, Roman constate un manque de civisme : « Tu oublies une canette, je comprends. Mais quand tu quittes la plage en y laissant sept bonbonnes de protoxyde d'azote et six cartons de pizzas, c'est une folie ! Ils pourraient faire un effort. »

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Des mégots toujours présents malgré l'interdiction

Eloïse Lafont, surveillante de baignade, déplore la persistance des mégots : « Je suis obligée de nettoyer chaque matin, il y a des mégots partout. » Pourtant, fumer sur la plage est interdit depuis juillet 2025. Alain Birba, agent technique de la Ville de Sète, observe que la baisse de fréquentation en juillet n'a pas amélioré la propreté : « Les gens ne prennent pas conscience au niveau environnemental. Les campagnes de sensibilisation sont un travail de longue haleine, pour les prochaines générations. La nôtre, c'est déjà peine perdue. »

Malgré ce constat, certains gestes redonnent espoir à Roman. Des personnes âgées viennent régulièrement le remercier pour son travail, ce qui le touche : « Elles me disent que ce que je fais est utile. Ça fait du bien à entendre, ce genre de métier n'est pas toujours bien vu en société. » Une jeune femme l'a également remercié après qu'il a récupéré une cagette remplie d'ordures près du bungalow d'accueil pour les jeunes.

Un métier physiquement exigeant

Le travail de saisonnier n'est pas de tout repos. Roman, qui a joué au football la veille jusqu'à minuit, ressent la fatigue : « J'ai joué au foot hier jusqu'à minuit, c'est un peu dur physiquement aujourd'hui. » Vers 9 heures, il quitte la plage du Lazaret, laissant derrière lui un sable plus propre, mais déjà de nouveaux arrivants s'installent.

Véronique Saleil, une vacancière aveyronnaise habituée de Sète, vient de collecter un emballage flottant dans l'eau, hors de portée de Roman. Elle témoigne : « Les gens ne sont pas raisonnables, mais la plage est bien entretenue. Sète est une belle ville, elle mérite qu'on en prenne soin. »

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