Seine-Saint-Denis : l'État change de stratégie pour démanteler un bidonville
Seine-Saint-Denis : nouvelle stratégie de démantèlement de bidonville

Le gouvernement a dévoilé, mercredi 1er juillet, un changement de cap dans sa politique de démantèlement des bidonvilles en Seine-Saint-Denis. Le nouveau plan, présenté par le préfet de département, vise à remplacer les expulsions forcées par une approche progressive incluant un accompagnement social systématique et des solutions de relogement pour les occupants.

Une stratégie repensée après des années d'échecs

Cette décision fait suite à un constat d'échec des méthodes précédentes. Selon le rapport remis au gouvernement en mars dernier, entre 2015 et 2025, plus de 80 % des expulsions ont abouti à la réinstallation des habitants dans d'autres bidonvilles, souvent dans un rayon de moins de 10 kilomètres. Le préfet de Seine-Saint-Denis, Jacques Witkowski, a déclaré : « Il est temps de sortir du cycle infernal des démantèlements sans solution durable. Notre objectif est de réduire de 50 % le nombre de bidonvilles d'ici 2028. »

Un plan en trois phases

Le nouveau dispositif se déroulera en trois étapes. La première phase, dite de « diagnostic social », sera menée par des équipes pluridisciplinaires composées de travailleurs sociaux, de médiateurs et de représentants associatifs. Elle permettra d'évaluer la situation de chaque famille et de proposer un parcours individualisé vers un logement pérenne. La seconde phase consistera en un hébergement temporaire dans des structures adaptées, d'une durée maximale de six mois. Enfin, la troisième phase visera un relogement dans le parc social ou privé, avec un accompagnement renforcé pour faciliter l'intégration.

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Des moyens financiers accrus

Pour mener à bien cette stratégie, l'État a débloqué une enveloppe de 15 millions d'euros pour l'année 2026, soit une augmentation de 40 % par rapport au budget précédent. Ces fonds serviront notamment à financer les équipes d'accompagnement, les structures d'hébergement temporaire et les aides au relogement. Le préfet a précisé que 300 places d'hébergement d'urgence supplémentaires seront créées dans le département pour faire face aux besoins immédiats.

Des associations mitigées

Les associations de défense des droits des migrants, comme la Ligue des droits de l'homme (LDH) et Médecins du Monde, ont salué l'évolution de la méthode mais restent prudentes. « C'est un pas dans la bonne direction, mais nous attendons de voir comment ces annonces seront mises en œuvre sur le terrain », a commenté Marie-Paule D., porte-parole de la LDH. Elle a également souligné que le succès de la démarche dépendra de la capacité à proposer des logements adaptés, en nombre suffisant, et à ne pas reproduire les erreurs du passé où des relogements provisoires se sont transformés en impasses.

Un contexte local tendu

Le bidonville de La Courneuve, qui abrite environ 800 personnes, est l'un des plus importants d'Île-de-France. Sa situation est emblématique des difficultés rencontrées dans le département. Les habitants, majoritairement originaires d'Europe de l'Est, vivent dans des conditions précaires, sans accès à l'eau potable ni à l'électricité. Les tensions sont régulièrement vives entre les riverains, excédés par les nuisances, et les autorités locales, qui peinent à trouver des solutions pérennes.

Les prochaines étapes

Le démantèlement du bidonville de La Courneuve devrait débuter d'ici la fin de l'été, après la finalisation des diagnostics sociaux. Le préfet a assuré qu'aucune expulsion ne sera effectuée sans qu'une solution de relogement n'ait été proposée. Un comité de suivi, réunissant l'État, les collectivités locales et les associations, sera mis en place pour évaluer régulièrement l'avancement du plan.

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