Lithium au Salagou : mobilisation contre l'opacité du projet
Lithium au Salagou : mobilisation contre l'opacité

Une centaine de personnes se sont rassemblées jeudi 6 août devant la sous-préfecture de Lodève pour dénoncer le manque de transparence du projet de prospection de lithium porté par la société norvégienne Transition Éléments. Les manifestants, réunis à l'appel du collectif De Lithium, réclament des informations claires sur un dossier qui concerne 22 communes autour du Salagou, jusqu'à Bédarieux.

Un collectif toujours mobilisé un an après sa création

Un an après la création du collectif De Lithium, la mobilisation ne faiblit pas. Malgré la torpeur estivale, une bonne centaine de personnes ont répondu présent à l'appel des organisateurs. Selon eux, une réunion devait initialement se tenir au même moment entre la sous-préfète et la direction de Transition Éléments. Une information infirmée en début de semaine, mais les manifestants ont maintenu leur rassemblement.

« Nous avons tellement de doutes sur cette réunion que nous avons préféré venir sur place », explique Dominique Soullier, figure de la Confédération paysanne de l'Hérault. « Depuis le mois d'avril, nous avons envoyé des lettres recommandées à madame la préfète de l'Hérault et au BRGM pour demander des informations. Mais nous attendons toujours une réponse circonstanciée de leur part, pour savoir ce qu'il se passe. »

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Un silence jugé inquiétant

Pour Jean-Claude Julien, membre du collectif De Lithium, le silence des autorités est préoccupant. « La première chose que l'on demande, c'est de l'information. Or nous n'arrivons pas à en avoir. Le projet de prospection déposé en 2023 par Transition Éléments a reçu un avis favorable de la préfecture l'année dernière. C'est en cours d'instruction sur le bureau du ministère. La demande en est au stade de préparation d'enquête d'utilité publique. On est sur du long terme, mais on veut savoir : pourquoi, pour quoi faire, et comment. »

Dominique Soullier renchérit : « Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est qu'on ne sait rien. On ne peut que spéculer et se poser des questions sur la transparence de ce dossier. » Il dénonce également « de gros leurres autour de cette transition énergétique à la mode que nous, nous appelons capitaliste. Car il y a d'autres possibilités de transitions. »

Un territoire classé à préserver

Rosemay Crémieux, élue clermontaise et secrétaire du groupe local Les Écologistes, souligne les contradictions du projet. « Ce dossier comporte de nombreuses lacunes. Nous sommes très inquiets sur l'avenir du secteur. Le territoire est aujourd'hui classé Géoparc par l'Unesco et, pour beaucoup, situé en zone Grand Site, il doit être absolument préservé. Le silence autour du lithium est inquiétant. »

Elle rappelle également les propos tenus lors d'une réunion entre l'ancien préfet et les élus : « Le représentant de l'État avait bien mentionné que, concernant les ressources minières, le sous-sol ne nous appartenait pas et que, s'il y avait nécessité d'utilité publique, les forages se feraient. »

Un projet qui interroge les élus locaux

L'ancien député LFI de la circonscription, Sébastien Rome, s'étonne de l'apparente contradiction entre ce projet et l'engagement du territoire dans le Géoparc, les appellations Terrasses du Larzac ou encore le tourisme. « Ce projet pourrait dilapider tout ce capital dans une extraction qui fermerait dans quelques années et laisserait, à nouveau, le territoire en déshérence. »

Les manifestants entendent poursuivre leur action tant que des réponses claires ne leur seront pas apportées. Ils rappellent que le dossier est toujours en cours d'instruction au ministère et que l'enquête d'utilité publique n'a pas encore débuté.

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