Une langouste rachetée 300 € et relâchée en mer à Roquebrune
Langouste rachetée et relâchée en mer à Roquebrune

Ce dimanche soir, dans un célèbre restaurant de Roquebrune-Cap-Martin, Stéphane Lamart, président-fondateur de l'association de défense des animaux qui porte son nom, a racheté une langouste rouge méditerranéenne pour la somme de 300 euros afin de la remettre en liberté. L'animal, proposé vivant sur un plateau avec des poissons morts, a été relâché en mer quelques heures plus tard.

Un geste impulsif et émouvant

Stéphane Lamart, 44 ans, était attablé pour l'anniversaire d'une amie lorsque la scène s'est produite. « Une serveuse est venue nous voir avec un immense plateau présentant des poissons morts et une langouste », raconte-t-il. « Je l'ai vue vivante en train de bouger ses antennes et j'ai immédiatement pété un câble. J'ai demandé comment était-ce possible qu'on puisse proposer le corps de cet animal vivant et de le tuer. »

Il a alors demandé à la restauratrice combien ils en voulaient. « Elle m'a indiqué qu'elle était au prix de 300 euros le kilo. On m'a proposé de lui masquer les yeux mais j'ai rétorqué que c'était trop tard et que je voulais la racheter. J'ai insisté à trois reprises et la manager est venue me voir. »

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Un accord rapide et une libération en mer

Un accord a été trouvé et le crustacé a été mis de côté le temps du repas. « Je suis allé voir le personnel pour régler la somme et la récupérer sur un plat avant de la rejeter à côté du restaurant, dans la mer. Sa queue s'est remuée à l'approche de l'eau quand je m'apprêtais à la relâcher. Ce sont des crustacés extrêmement sensibles et elle n'avait qu'une envie, c'était de repartir dans son milieu naturel. »

Moins de 24 heures après les faits, Stéphane Lamart reste touché mais reconnaît la bonne volonté du personnel de l'établissement. « La fête a été gâchée pour mes amis parce que je me suis énervé, j'étais meurtri. Pour autant, tout s'est très bien passé avec le restaurant qui était surpris de ma démarche mais qui m'a compris. J'ai sensibilisé le personnel et ils m'ont dit que j'étais la deuxième personne à demander cela à la vue du crustacé. Il faut dire que les gens préfèrent détourner le regard et éviter l'animal qui va être mis à mort pour être mangé. »

Une taille réglementaire respectée

La réglementation impose une taille minimale pour la pêche de ce crustacé : sa carapace doit mesurer au moins 11 cm. Ce qui semble être largement le cas à la vue des images de la langouste sauvée.

Un combat pour une mise à mort plus douce

Malgré ce « sauvetage », le quadragénaire reste lucide. « Cette fois, j'ai pu changer le destin de cet animal mais malheureusement je sais qu'il y en aura d'autres. » C'est l'occasion pour lui de rappeler son combat pour une évolution de la réglementation de la mise à mort de ces animaux. « Je me bats pour que ces crustacés ne soient plus ébouillantés ou subissent un coup de couteau. En Suisse, un restaurateur pose ses crustacés sur une plaque électrique qui les tue en une fraction de seconde et ils ne souffrent presque pas. On demande simplement une mise à mort rapide. »

Contactés, les propriétaires de l'établissement n'ont pas été en mesure de répondre à nos sollicitations.

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