Dans le Var, l'incendie qui s'est déclaré ce dimanche 19 juillet 2026 dans le secteur de Taradeau - Les Arcs a ravagé quelque 200 hectares de végétation. Alors que le feu est désormais officiellement déclaré « fixé » par les autorités depuis ce lundi en fin d'après-midi, la question se pose : combien de temps ces espaces naturels mettront-ils à se régénérer ? Une publication de l'Office national des forêts (ONF) éclaire ce processus.
En Méditerranée, une intervention humaine pas automatique
Dans une publication dédiée à la régénération de la forêt post-incendie, l'ONF précise qu'en zone méditerranéenne, la forêt est relativement résiliente au feu. « Les forestiers laissent la nature se régénérer par elle-même après un incendie », peut-on y lire. Après l'incendie qui avait consumé à l'été 2017 1 200 hectares de pins et de chênes au sein du Parc naturel du Luberon, Frédéric Prodhomme, forestier dans cette zone, a pu en faire l'expérience concrète. « Nous avons observé que de nouvelles graines sont présentes naturellement sur le sol après l'incendie, car la chaleur a favorisé l'ouverture des cônes des pins », explique-t-il.
La renaissance d'une forêt, une histoire de patience
Si l'intervention humaine n'est pas toujours nécessaire, revoir une forêt avec des arbres hauts prend du temps. Selon l'ONF, « pour retrouver des arbres de 10 à 20 mètres de haut, il faudra en moyenne 70 à 100 ans. Mais trois à cinq années suffisent pour atténuer l'impact visuel sur le paysage avec la couverture du sol par des herbacées et les premières repousses des espèces arbustives et arborées. » Interrogé par Radio France à l'été 2022, un an après l'incendie XXL qui avait consumé près de 8 000 hectares dans le massif des Maures, dans le Var, Alain Monavon, chef du service Défense des forêts contre les incendies de l'ONF pour les Alpes-Maritimes, confirmait ce retour progressif. « C'est globalement vert, mais on est loin d'avoir un aspect identique. Dans certains secteurs, la partie très boisée où le feu a été le plus violent et le plus intense, des milieux sont encore très marqués », témoignait-il.
Une régénération différente selon les essences d'arbres
Alain Monavon explique que tous les arbres n'ont pas la même résistance aux flammes. Le chêne-liège, même d'apparence extérieure calcinée, peut repartir peu de temps après l'incendie s'il est toujours sur pied. Selon une étude parue en 2023, ce n'est en revanche pas le cas des conifères. « Les conifères de production (pin sylvestre, pin maritime, pin d'Alep et pin noir) sont les plus sensibles aux perturbations, tandis que les chênes méditerranéens sont les moins sensibles, notamment les chênes-lièges avec leur écorce subéreuse », apprend-on sur le site de l'association Canopée. Pour apprécier la capacité d'une forêt à se régénérer, « au moins deux ans » sont nécessaires, selon Alain Monavon.
Le retour de la faune sous haute protection
Autre mission de l'ONF après de tels ravages : s'assurer le retour de la faune en limitant ou interdisant les actions de chasse. « Deux ans après l'incendie de la colline du Vaucluse, lièvres, perdrix, sangliers et chevreuils ont regagné les lieux. Pour les petits mammifères, leur retour prend un peu plus de temps », constate l'organisme d'État. Ce lundi 20 juillet 2026, l'association de protection animale Stéphane Lamart a d'ailleurs demandé à l'État d'aller plus loin en interdisant systématiquement la chasse dans les zones sinistrées par les flammes.



