Le département du Gard est placé en vigilance rouge incendie depuis mercredi 1er juillet 2026. Face à cette situation exceptionnelle, le ministère de l’Écologie a ouvert les portes du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis) et des dispositifs de terrain aux médias, jeudi 2 juillet. L’objectif : renforcer la prévention et diffuser les messages des autorités pour limiter les départs de feu, alors que l’été s’annonce particulièrement chaud.
Une journée sous haute tension
Dans les locaux du Codis du Gard, les visages sont concentrés, les regards fixés sur les écrans. Les appels affluent de toutes parts. Deux incendies majeurs ont mobilisé les soldats du feu ce jour-là : celui de Roquemaure, qui a nécessité une centaine de pompiers et provoqué la coupure de l’autoroute A9 jusqu’à une heure du matin, et celui de Milhaud, survenu en fin d’après-midi, qui a brûlé 60 hectares de végétation. Les fumées étaient visibles depuis le parking du Codis.
38 feux d’espaces naturels en une semaine
Plus tôt dans la matinée, le préfet Jérôme Bonet a présidé sa première réunion hebdomadaire dédiée au risque incendie, réunissant les services de la préfecture, des agents de l’Office national des forêts (ONF) et des sapeurs-pompiers. « Nous avons eu 38 feux d’espaces naturels cette semaine », a indiqué le préfet, invitant les maires et les médias à « marteler les messages de prévention vis-à-vis des particuliers, professionnels et touristes, car la saison des incendies commence très fort ». Il a rappelé l’interdiction d’accès à certains massifs forestiers, notamment le massif des garrigues de Nîmes.
Des conditions météo propices aux incendies
Sur le terrain, Claire Vignon, responsable presse de l’ONF pour le sud de la France, a souligné : « Là, c’est un temps tout à fait propice aux incendies. » Le vent du Nord souffle à plus de 60 km/h par endroits. Un camion de pompiers est prépositionné près d’une citerne à Marguerittes. La végétation, principalement composée de pins d’Alep et de chênes verts, est particulièrement inflammable.
Mesure de la teneur en eau des végétaux
Fabien Brochiero, agent de l’ONF, a expliqué l’importance de mesurer la teneur en eau des plantes pour évaluer le risque. « Nous prélevons deux types d’essences : le ciste, dont les racines sont superficielles, et le chêne kermès, aux racines plus profondes. Avec ces deux prélèvements, on a une vision assez complète de l’évolution hydrique de la garrigue. » Le verdict est inquiétant : « Les pluies de l’hiver ont fait du bien, mais la situation s’est brusquement dégradée il y a deux semaines, car les chaleurs nocturnes accentuent le dessèchement. »
La règle des 30 et les patrouilles de surveillance
Lorsque la température dépasse 30 °C, l’humidité relative de l’air descend sous 30 % et le vent souffle à plus de 30 km/h, la « règle des 30 » est activée. Les équipes redoublent de vigilance, notamment les 26 patrouilles de surveillance et d’intervention (PSI) réparties dans le département. Composées d’un agent de l’ONF et d’un sapeur-pompier, elles sont équipées d’un pick-up avec 600 litres d’eau et interviennent en première ligne sur les départs de feu.
Trois patrouilles de contrôle 100 % ONF complètent le dispositif. L’un des agents, patrouillant depuis une trentaine d’années, a confié : « Les gens sont assez bien disposés à notre égard, même si parfois la situation peut se tendre lorsqu’on demande à certains d’éteindre un barbecue par exemple. »
La prévention, premier rempart
Alors que les agents de l’ONF quittent précipitamment le massif pour rejoindre l’incendie de Roquemaure, une évidence s’impose : en période de risque extrême, quelques minutes peuvent faire la différence. Dans un département où près de neuf incendies sur dix sont d’origine humaine, la prévention reste le premier rempart contre les flammes.



