Consigne plastique : des élus claquent la porte d'une réunion au ministère
Consigne plastique : des élus quittent une réunion au ministère

Jeudi 30 juin, une réunion au ministère de la Transition écologique sur le projet de consigne des bouteilles en plastique a tourné court. Plusieurs élus locaux ont claqué la porte, dénonçant une « parodie de concertation ». Parmi eux, des représentants de l'Association des maires de France (AMF), de France urbaine et de l'Association des régions de France (ARF).

Un projet contesté dès le départ

Le gouvernement prévoit d'instaurer une consigne pour recycler les bouteilles en plastique, afin d'atteindre les objectifs européens de recyclage. Mais les élus locaux estiment que ce dispositif va à l'encontre des efforts déjà menés par les collectivités pour la gestion des déchets. Selon eux, la consigne risque de détourner les bouteilles des filières de recyclage existantes, gérées par les collectivités, et de fragiliser économiquement ces dernières.

« C'est une décision prise en catimini, sans véritable concertation avec les territoires », a déclaré un élu présent, sous couvert d'anonymat. Les élus réclament une expérimentation préalable et une évaluation de l'impact sur les collectivités.

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Des chiffres en jeu

Actuellement, seules 60 % des bouteilles en plastique sont recyclées en France, un chiffre loin de l'objectif européen de 90 % d'ici 2029. Le gouvernement mise sur la consigne pour accélérer le recyclage. Mais les élus pointent un paradoxe : alors que les collectivités investissent dans des centres de tri et des filières de recyclage, l'État envisage un système parallèle.

« On nous demande de moderniser nos infrastructures, et en même temps on nous retire une partie des déchets qui les financent », a expliqué un autre participant. Selon l'AMF, le manque à gagner pour les collectivités pourrait atteindre 300 millions d'euros par an.

Une réunion sous tension

La réunion, initialement prévue pour discuter des modalités de la consigne, a rapidement dégénéré. Les élus ont estimé que le ministère n'avait pas pris en compte leurs propositions et que le dialogue était biaisé. « On nous a présenté un projet déjà ficelé, sans marge de négociation », a dénoncé un élu. Ils ont alors décidé de quitter la salle, marquant leur opposition ferme.

Le ministère de la Transition écologique, de son côté, a regretté cette décision et assure que la concertation se poursuit. « Nous restons ouverts au dialogue avec les collectivités », a indiqué un porte-parole. Mais pour les élus, le geste est clair : ils ne participeront pas à ce qu'ils considèrent comme une mascarade.

Un bras de fer qui s'annonce

Ce départ en plein milieu de la réunion illustre les tensions croissantes entre l'État et les collectivités sur la gestion des déchets. Le projet de consigne est perçu comme une remise en cause des compétences locales. Les élus menacent désormais de ne pas appliquer le dispositif si leurs revendications ne sont pas entendues.

Le gouvernement, lui, veut avancer rapidement pour respecter les échéances européennes. Un projet de loi est attendu à l'automne. Mais sans l'appui des collectivités, sa mise en œuvre risque d'être chaotique. La balle est désormais dans le camp de l'exécutif.

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