La Rochelle : la qualité de l'eau, enjeu majeur des municipales face aux pollutions
La Rochelle : l'eau, enjeu clé des municipales face aux pollutions

La Rochelle : la qualité de l'eau, enjeu majeur des municipales face aux pollutions

Différents épisodes de pollution aux pesticides ont propulsé la question de la qualité de l'eau sur le devant de la scène ces dernières années. Les candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars, peu diserts sur le sujet au début de la campagne, s'accordent désormais sur la nécessité d'une protection accrue des captages de l'Aunis.

Le choix des abonnés : une préoccupation citoyenne

À l'occasion des élections municipales, les abonnés de Sud Ouest ont voté fin décembre pour les sujets qu'ils souhaitaient voir prioritairement abordés dans leur commune. Parmi ces articles baptisés « Le choix des abonnés », la qualité de l'eau au robinet a émergé comme une préoccupation majeure. Pourtant, dans la campagne rochelaise, cette question semble mettre du temps à s'imposer face à des thèmes comme le pont de Tasdon, les salles de basket, la sécurité ou les parkings.

Un consensus sur l'urgence, des divergences sur les solutions

Interrogées, les sept listes en lice pour le scrutin martèlent avec force que le dossier de la qualité de l'eau bue par les Rochelais est un « enjeu majeur » et une « priorité absolue ». Mais quelles actions concrètes proposent-elles pour sécuriser cette ressource, gérée par une régie publique communautaire depuis 2021 et malmenée par plusieurs pollutions récentes ?

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L'eau des Rochelais provient d'un mélange entre l'eau de la Charente et celle des captages de l'Aunis, alimentant la ville depuis plus d'un siècle pour certains. Ces captages, essentiels face aux doutes sur le débit futur de la Charente, permettent aussi de diluer l'eau du fleuve en cas de pollution, comme lors de l'épisode de fosétyl à l'été 2025.

Des captages vulnérables aux traitements phytosanitaires

Essentiels mais vulnérables, les captages de l'Aunis, peu profonds, sont très sensibles aux traitements phytosanitaires dans cette plaine agricole. Preuve en est : le captage des Mortiers à Clavette est fermé depuis 2020 suite à une contamination au chlortoluron, et en 2023, le seuil d'alerte du chlorothalonil R471811 a été dépassé.

Les candidats s'accordent sur la nécessité de sécuriser ces captages pour la santé publique. Leurs propositions incluent :

  • Accompagner les agriculteurs vers des pratiques moins dépendantes des intrants chimiques (Christophe Batcabe, Une Vision pour La Rochelle)
  • Développer l'agriculture biologique et l'agroécologie (Véronique Bonnet, La Rochelle insoumise et populaire)
  • Une vigilance particulière sur les pollutions émergentes, notamment les pesticides et perturbateurs endocriniens (Thibaut Guiraud, Générations La Rochelle)
  • Augmenter les périmètres de protection rapprochée (Olivier Falorni, Pour les Rochelaises et les Rochelais)

La question cruciale du périmètre de protection

Tous s'inscrivent dans la continuité des actions menées par l'Agglomération, comme le programme Re-Sources lancé en 2005 et la feuille de route autour du captage fermé de Casse-Mortier. L'objectif est de protéger un périmètre de 150 hectares autour des forages, en travaillant avec les agriculteurs pour utiliser uniquement des intrants autorisés en bio, avec pour but de rouvrir le captage vers 2030-2031.

Mais la question du périmètre précis divise. Maryline Simoné (La Rochelle Unie) vise l'interdiction des pesticides de synthèse sur l'ensemble du bassin d'alimentation des captages, soit 23 000 hectares. Une position qui fait bondir le Rassemblement national, mené par Séverine Werbrouck, qui rappelle que les pollutions récentes n'ont « jamais remis en cause la potabilité de l'eau ».

Un tel élargissement créerait des tensions avec les 230 exploitations agricoles concernées, majoritairement en conventionnel, dans un contexte où les syndicats agricoles ont claqué la porte des discussions nationales sur la protection des captages sensibles.

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Un dossier à suivre pour la prochaine équipe municipale

La décision finale reviendra à la Communauté d'agglomération, aucun candidat ne remettant en cause la gestion en régie publique. Quoi qu'il arrive, la qualité de l'eau restera un dossier brûlant, d'autant que depuis le 1er janvier, la loi impose le contrôle de 20 PFAS, ces polluants éternels déjà détectés dans les eaux de l'agglomération rochelaise.