Anatomie du Lez : François Salgas expose ses vues uniques au Gazette Café
Anatomie du Lez : l'expo photo de François Salgas

Pour l’anatomie du Lez, François Salgas se jette à l’eau. Pour arriver à ses fins, il a parfois dû multiplier les allers-retours. À l’arrivée de ce travail de longue haleine : des vues uniques depuis le Lez. Le photographe, membre actif de l’association montpelliéraine Objectif Image, a travaillé deux ans sur cette nouvelle exposition, désormais accrochée aux cimaises du Gazette Café jusqu’au 24 juillet. Récit d’un film d’errance en eau libre.

Un road-movie aquatique

François Salgas est un chic type, animé par une modestie coutumière qui le caractérise. Cela se reflète dans le travail photographique qu’il produit. Cette fois, on le retrouve au fil du Lez, fleuve roi de l’Est Héraultais, pour une variante non animée d’un road-movie entre la proche source du cours d’eau et son union avec la mer Méditerranée, plus au sud, au sortir du canal de Palavas. Deux ans de travail, 1 800 clichés pris, vingt-six conservés.

Vingt-six kilomètres, vingt-six arrêts, vingt-six images

L’exposition prend les atours d’une formule mathématique : vingt-six kilomètres, vingt-six arrêts, vingt-six images. C’est ce qu’il reste après deux années de travail, durant lesquelles François Salgas a pressé son déclencheur à mille huit cents reprises, entre la fin de l’automne et le début de l’hiver, deux années de rang. Cela s’ajoute au travail d’identification, de repérage et de cartographie mené en amont, sans parler de l’aspect matériel : caisson étanche à trouver, combinaison de voile à enfiler, salopette de marin-pêcheur à revêtir, palmes et planche pour nager en eau vive, afin de s’aventurer sur certains secteurs parfois tumultueux de cette voie d’eau.

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Des inspirations multiples

Arrivé à Palavas, dans un chenal pourtant interdit à la baignade, l’homme avoue : « Là, j’ai un peu galéré pour faire cette image », tout en montrant une vue singulière du Transcanal entre deux eaux tumultueuses. Avant d’en arriver là, il y a eu une réflexion nourrie par l’inspiration : un atelier animé par deux compères d’Objectif Image (Pierre Soyer, Jean-Michel Verdan), une exposition vue en Arles de Nicolas Floc’h, ou encore le travail d’une auteure japonaise mené au fil de l’eau depuis l’océan. Il y a, enfin, l’idée d’un parcours « à fleur d’eau, sous l’eau parfois pour composer mes images avec cette notion de voyage ». En guise de boute, cette « ligne d’eau » délimitant la surface du fond, une démarcation offrant des vues singulières, à la manière d’une grenouille de Graf ou d’un gavial.

Un regard onirique et biologique

François Salgas se fait conteur, offrant un documentaire onirique, sans mot ni parole, pour raconter un fleuve auquel la plupart de son voisinage humain a tourné le dos, ne voyant dans cette colonne vertébrale en mouvement qu’un obstacle naturel supplémentaire. Il apporte cette évidence : « Je me suis rendu compte que la faune disparaît au fur et à mesure que l’on se rapproche des villes ». Mais il constate aussi que l’élément liquide n’est pas forcément aussi pollué qu’on pourrait le penser.

Exposition « Anatomie d’un fleuve » de François Salgas, au Gazette Café (6, rue Levat) jusqu’au 24 juillet. Elle sera également visible du 18 au 21 septembre dans le cadre du festival Phot’Aubrac (Lozère), puis du 23 octobre au 1er novembre à Pézenas dans le cadre de Temps d’Expo.

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