Dans une tribune publiée par Le Monde, le philosophe Bernard Harcourt dénonce l'absence de coopération comme obstacle majeur à la résolution de la crise climatique. Selon lui, sans une véritable entraide collective, les conséquences pourraient être la haine et la violence généralisées.
Un constat alarmant sur l'inaction collective
Harcourt souligne que malgré les alertes répétées des scientifiques, les gouvernements et les citoyens peinent à agir de concert. Il cite le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui indique que les émissions de CO2 doivent diminuer de 45 % d'ici 2030 pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. Or, les engagements actuels mènent à une augmentation de 2,7 °C.
La coopération comme impératif éthique
Pour le philosophe, la coopération n'est pas seulement une nécessité pragmatique mais un impératif éthique. Il s'appuie sur les travaux de la philosophe Martha Nussbaum sur les émotions et la justice sociale. « Sans coopération, nous sommes condamnés à une spirale de méfiance et d'hostilité », écrit-il.
Des exemples concrets de réussite collective
Harcourt cite l'exemple de la transition énergétique au Costa Rica, qui a réussi à produire 98 % de son électricité à partir de sources renouvelables grâce à une coopération entre l'État, les entreprises et la société civile. Il mentionne également les coopératives énergétiques en Allemagne, qui impliquent les citoyens dans la production d'énergie verte.
Les risques de l'absence de coopération
Le philosophe met en garde contre les conséquences de l'inaction : « La haine et la violence sont déjà visibles dans les conflits autour des ressources, comme l'eau et les terres arables. » Il rappelle que selon l'ONU, 40 % de la population mondiale souffre déjà de pénurie d'eau.
Un appel à repenser nos valeurs
Pour sortir de cette impasse, Harcourt propose de réhabiliter la notion de bien commun et de responsabilité partagée. Il invite à « dépasser l'individualisme et la compétition qui caractérisent nos sociétés néolibérales ». Selon lui, cela passe par une éducation à la coopération dès le plus jeune âge.
En conclusion, Bernard Harcourt appelle à une mobilisation générale : « Face à l'urgence climatique, la coopération n'est pas une option, c'est notre seule chance de survivre dans la dignité. »



