Le réchauffement climatique perturbe la relation symbiotique entre les mousses et les champignons, selon une étude publiée dans la revue Nature Climate Change. Les chercheurs ont observé une baisse de 30 % de la diversité des champignons associés aux mousses dans les forêts boréales.
Une symbiose essentielle menacée
Les mousses et les champignons entretiennent une relation complexe et bénéfique pour les deux organismes. Les champignons aident les mousses à absorber l'eau et les nutriments, tandis que les mousses fournissent un habitat et des glucides aux champignons. Cette symbiose est cruciale pour la santé des écosystèmes forestiers, notamment dans les régions boréales où les mousses constituent une part importante de la biomasse.
L'étude, menée par une équipe internationale de scientifiques, a analysé des échantillons de mousses prélevés dans 20 sites à travers la Suède, la Norvège et la Finlande. Les résultats montrent que la diversité des champignons associés aux mousses a diminué de 30 % en moyenne au cours des 20 dernières années, corrélée à une augmentation des températures de 1,5 °C.
Impacts sur les écosystèmes forestiers
Cette perturbation pourrait avoir des conséquences importantes sur les écosystèmes forestiers. Les mousses jouent un rôle clé dans le cycle du carbone et de l'eau, et leur déclin pourrait affecter la capacité des forêts à stocker le carbone. De plus, les champignons sont essentiels à la décomposition de la matière organique et au recyclage des nutriments.
Selon le Dr. Anna Svensson, chercheuse principale à l'Université d'Uppsala, « la perte de diversité fongique pourrait entraîner une diminution de la résilience des forêts face aux stress environnementaux, comme les sécheresses ou les incendies ».
Des mécanismes encore mal compris
Les mécanismes précis par lesquels le réchauffement climatique affecte cette symbiose restent à élucider. Les chercheurs suggèrent que la hausse des températures pourrait modifier la physiologie des mousses, les rendant moins hospitalières pour les champignons. Alternativement, le stress thermique pourrait directement affecter la croissance et la reproduction des champignons.
L'étude souligne également l'importance de préserver les habitats de mousses, souvent négligés dans les stratégies de conservation. « Les mousses sont des indicateurs sensibles des changements environnementaux, et leur déclin devrait nous alerter sur l'état de nos forêts », ajoute le Dr. Svensson.
Appel à une action urgente
Les chercheurs appellent à une action urgente pour limiter le réchauffement climatique et protéger les écosystèmes boréaux. Ils recommandent également de renforcer la surveillance des populations de mousses et de champignons pour mieux comprendre les impacts du changement climatique.
Cette étude met en lumière l'importance des interactions entre espèces souvent invisibles mais essentielles au fonctionnement des écosystèmes. Alors que les forêts boréales sont déjà menacées par les incendies et l'exploitation forestière, la perturbation de la symbiose mousses-champignons ajoute une pression supplémentaire sur ces habitats fragiles.



