Ce jeudi 30 juillet 2025, l'humanité a officiellement consommé l'ensemble des ressources que la Terre est capable de régénérer en une année. C'est le « jour du dépassement » (Earth Overshoot Day), calculé chaque année par le Global Footprint Network, une organisation internationale de recherche spécialisée dans le calcul de l'empreinte écologique.
Une planète en surrégime
Selon les données du Global Footprint Network, l'humanité consomme aujourd'hui les ressources naturelles 73 % plus vite qu'elles ne peuvent se renouveler. En d'autres termes, il faudrait l'équivalent de 1,73 planète Terre pour subvenir à nos besoins actuels. Ce constat alarmant souligne une pression insoutenable sur les écosystèmes : déforestation, épuisement des sols, perte de biodiversité et accumulation de déchets, notamment de CO2.
Le jour du dépassement recule chaque année depuis les années 1970. En 1971, il tombait le 25 décembre ; en 2024, il était le 1er août. Ce recul précoce indique une aggravation de la situation, même si des variations existent d'une année sur l'autre.
La France parmi les champions de la surconsommation
La France contribue largement à ce triste bilan. Les Français vivent à crédit écologique depuis le 24 avril dernier. « La planète dispose d'environ 1,48 hectare global par personne pour produire des ressources et absorber nos déchets. Un Français en consomme plus du double », détaille le WWF, qui relaie systématiquement les calculs de l'organisation. Cela signifie que si tous les habitants de la Terre vivaient comme un Français, il faudrait plus de deux planètes pour répondre à la demande.
La France se classe parmi les pays les plus gourmands en ressources naturelles. Elle se situe devant l'Allemagne (jour du dépassement au 10 mai), le Royaume-Uni (22 mai), la Chine (27 mai) et l'Espagne (4 juin). Le pays le plus vorace est le Qatar, dont le jour du dépassement est tombé dès le 4 février, suivi du Luxembourg et des États-Unis.
Un recul illusoire : les limites de la méthode de calcul
Cette année, le jour du dépassement pour l'humanité intervient une semaine plus tard qu'en 2025. Mais cette amélioration apparente cache une réalité moins réjouissante. « Cette évolution s'explique principalement par une révision méthodologique de la capacité des océans à absorber le carbone, et non par une amélioration réelle de notre impact », souligne le WWF. En effet, les océans jouent un rôle clé dans la régulation du climat en absorbant une partie du CO2 émis ; si leur capacité est réévaluée à la hausse, le calcul du jour du dépassement s'en trouve mécaniquement repoussé.
Ce changement méthodologique ne doit pas occulter l'urgence : la tendance de fond reste à une avancée du jour du dépassement depuis les années 1970. Les experts appellent à des actions structurelles : réduire notre empreinte carbone, améliorer l'efficacité des ressources, favoriser les énergies renouvelables, et repenser nos modes de production et de consommation.
Le Global Footprint Network propose des solutions pour « repousser » le jour du dépassement : par exemple, réduire de 50 % la consommation mondiale de viande décalerait la date de 17 jours, tandis qu'une réduction de 50 % des émissions de CO2 liées aux transports la repousserait de 13 jours. Mais sans une volonté politique et collective forte, la planète continuera à vivre à crédit, et ce de plus en plus tôt chaque année.



