Romain, un jeune père français installé à l'ouest de Madrid, décrit un ciel bleu teinté de gris ce lundi, mais rappelle que vendredi et samedi, la capitale espagnole a connu un épisode quasi apocalyptique. Un ciel orangé, des odeurs de fumée et d'épais nuages foncés ont envahi la ville. À Getafe, au sud, Eva a été prise de quintes de toux dans la nuit de vendredi à samedi, gênée par des fumées portées par le vent de l'ouest. « Vers minuit, j'ai commencé à sentir une forte odeur de brûlé », raconte-t-elle. « L'odeur était si forte que j'ai fermé les fenêtres malgré les fortes chaleurs, ça me prenait à la gorge et je toussais à répétition ».
Des particules de braise sur la ville
Pour Romain, la situation est devenue plus désagréable samedi lorsque de « fines pellicules de braises » se sont déposées sur Madrid. « Pour le moment, c'est inoffensif, on ne peut pas étendre notre linge, mais la situation est bien pire à quelques dizaines de kilomètres », tempère-t-il. Eva, elle, ne peut s'empêcher de s'inquiéter en entendant régulièrement les sirènes des pompiers. Elle explique être portée par un sentiment d'inquiétude pour ses proches habitant près des feux, qu'elle contacte souvent pour prendre de leurs nouvelles.
Mesures de précaution et solidarité
Bien que les feux ne devraient pas atteindre la capitale, les habitants ont reçu des recommandations : fenêtres fermées, pas de sport, port du masque. Romain note qu'il n'y a pas de restrictions d'eau, mais que le bon sens prévaut – personne ne lave sa voiture dehors. Romain admire la solidarité spontanée en Espagne : « Les agriculteurs sont allés apporter leur aide aux pompiers, la Fédération de Judo d'une ville a ouvert son dojo pour accueillir les évacués, ils ont spontanément cuisiné pour tout le monde ».
Inquiétude climatique
Au-delà des incendies, Romain évoque un état de panique lié au réchauffement climatique : « Les périodes de fortes chaleurs interviennent plutôt en août habituellement… Les gens n'en peuvent plus des politiques qui se renvoient constamment la balle d'un point de vue environnemental ». Les deux incendies, celui de la Sierra de l'ouest dans la région de Madrid et celui d'Ávila en Castille-et-León, ont ravagé environ 75 000 hectares, soit sept fois la superficie de Paris. Le gouvernement espère les maîtriser d'ici mardi soir, alors qu'une nouvelle vague de chaleur est prévue mercredi.



