Climat : incendies au Figaro, le déni idéologique jusqu'à l'absurde
Incendies : Libération étrille le déni climatique du Figaro

Dans un éditorial cinglant publié ce 29 juillet, Libération revient sur la manière dont Le Figaro traite des incendies qui ravagent la planète. Le quotidien conservateur est accusé de nier le lien entre ces catastrophes et le changement climatique, allant jusqu'à qualifier de « psychose climatique » les appels à la mobilisation. Pour Libération, ce déni n'est pas une simple erreur journalistique mais une attitude idéologique poussée à l'absurde, qui met en danger la compréhension publique des enjeux.

Un déni systématique du rôle du climat

Selon l'analyse de Libération, Le Figaro aurait systématiquement évité de mentionner le réchauffement climatique dans ses articles sur les incendies de 2023 et 2024. L'éditorial du Figaro du 27 juillet 2024, intitulé « Incendies : la psychose climatique », affirmait que la hausse des températures mondiales n'avait « rien à voir » avec la multiplication des feux de forêt. Libération cite le consensus scientifique : une étude de 2023 a attribué 90 % de l'augmentation de la superficie brûlée au Canada au changement climatique. Or, Le Figaro aurait occulté ces données pour privilégier une lecture idéologique.

Les chiffres qui contredisent le discours

L'année 2023 a été marquée par des incendies records au Canada, avec plus de 15 millions d'hectares partis en fumée, soit sept fois la moyenne décennale. En Grèce, les feux ont détruit près de 1 000 km² de forêts. Pourtant, Le Figaro aurait présenté ces événements comme des phénomènes normaux, liés à la sécheresse naturelle ou à la mauvaise gestion forestière. Pour Libération, cette lecture ignorait délibérément les données du Giec, qui indiquent que la saison des feux s'allonge de 25 % par décennie.

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Une ligne éditoriale proche du climatoscepticisme

Libération souligne que le déni du Figaro n'est pas isolé. Il s'inscrit dans une ligne éditoriale qui, depuis des années, minimise l'urgence climatique. Des articles récents du journal ont mis en doute la fiabilité des modèles climatiques ou ont accusé les écologistes d'« alarmisme ». Cette position, selon Libération, alimente la défiance envers la science et freine les politiques de prévention. Le quotidien de gauche appelle les médias à ne pas tomber dans ce piège et à rappeler les faits scientifiques.

Les conséquences sur l'opinion publique

Ce déni médiatique a des répercussions concrètes. Un sondage Ifop de juin 2024 indique que 42 % des Français estiment que le lien entre incendies et changement climatique est « exagéré ». Pour Libération, cette statistique montre que le travail de désinformation porte ses fruits. Alors que les feux de forêt touchent désormais des régions tempérées comme la France ou l'Allemagne, il est urgent que les médias prennent leurs responsabilités. « Nier le réchauffement climatique en 2024, c'est comme nier la Terre ronde au Moyen Âge », conclut l'éditorialiste.

Un appel à la rigueur journalistique

Libération en appelle aux confrères du Figaro pour qu'ils reviennent à une information fondée sur les faits. « Le déni n'est pas une opinion, c'est une faute professionnelle », écrit le journal. Il rappelle que plusieurs études, dont celles de Météo-France et du CNRS, montrent que la canicule de l'été 2024 a été rendue au moins 5 fois plus probable par le changement climatique. Ignorer ces preuves, c'est tromper le public. L'éditorial se termine sur une note d'espoir : d'autres médias, comme Le Monde ou Mediapart, ont su faire évoluer leur ligne. Le Figaro peut encore changer.

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