Des propositions contrastées face à une menace croissante
L'été 2027 a été marqué par des incendies dévastateurs dans le sud de la France, brûlant plus de 50 000 hectares, soit une augmentation de 40 % par rapport à la moyenne des dix dernières années, selon le ministère de l'Intérieur. En réponse, les candidats à la présidentielle ont présenté leurs plans pour renforcer la lutte contre les feux de forêt.
Renforcement des moyens aériens et humains
La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, propose l'achat de 20 nouveaux Canadair et le recrutement de 5 000 pompiers supplémentaires. « Nous devons doter la France d'une flotte aérienne à la hauteur du défi climatique », a-t-elle déclaré lors d'un meeting à Marseille. Son plan prévoit également la création d'une école nationale de la lutte contre les incendies.
Le président sortant Emmanuel Macron mise sur la modernisation de la flotte existante, avec le remplacement de 10 avions vieillissants, et la création d'une force d'intervention rapide de 10 000 pompiers civils. « La lutte contre les incendies est une priorité nationale qui nécessite des investissements massifs », a-t-il affirmé lors d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône. Le coût de son plan est estimé à 3,5 milliards d'euros sur cinq ans.
Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise, insiste sur la prévention avec un plan de reboisement et de débroussaillage obligatoire sur 2 millions d'hectares. Il propose aussi une taxe sur les activités à risque, comme les plantations de résineux. Selon son équipe, ces mesures pourraient réduire de 30 % la surface brûlée d'ici 2030. « Il faut investir dans la forêt plutôt que dans les avions », a-t-il souligné.
Prévention et aménagement du territoire
La candidate écologiste Sandrine Rousseau met l'accent sur la gestion durable des forêts et l'arrêt des constructions en zone sensible. Elle propose un moratoire sur les permis de construire dans les zones à risque et un plan de reforestation avec des essences résistantes au feu. « Il faut repenser notre rapport au territoire et cesser d'artificialiser les sols », a-t-elle déclaré. Son plan prévoit aussi la création de 200 postes de gardes forestiers supplémentaires.
Le candidat Les Républicains, Valérie Pécresse, propose un financement original via une assurance obligatoire contre les catastrophes naturelles, qui pourrait rapporter 1 milliard d'euros par an. Elle veut également renforcer la coopération avec les pays méditerranéens pour mutualiser les moyens aériens. « La solidarité européenne est essentielle face à des feux qui ne connaissent pas les frontières », a-t-elle estimé.
Un enjeu budgétaire majeur
Les coûts estimés des propositions varient de 2 à 5 milliards d'euros sur le quinquennat. Éric Zemmour, candidat de Reconquête!, propose un plan de 4 milliards axé sur les drones et les satellites de détection précoce. « La technologie doit être notre alliée », a-t-il affirmé. Fabien Roussel, candidat communiste, mise sur l'embauche de 8 000 pompiers professionnels et la nationalisation de la Sécurité civile.
Les incendies de 2027 ont coûté 1,2 milliard d'euros à l'État, selon la Sécurité civile. Les candidats devront convaincre les électeurs de la faisabilité de leurs plans. Selon un sondage Ifop, 78 % des Français jugent prioritaire le renforcement des moyens de lutte. Les premières propositions commencent à faire débat, notamment sur le financement et l'impact écologique des Canadair.
La dimension européenne
Plusieurs candidats évoquent une mutualisation des moyens à l'échelle de l'Union européenne. Emmanuel Macron propose la création d'une force européenne de protection civile, dotée de 30 avions bombardiers d'eau. « Les incendies sont un défi commun qui appelle une réponse commune », a-t-il déclaré. Marine Le Pen, au contraire, prône une « préférence nationale » dans l'utilisation des moyens. Ce clivage pourrait marquer la campagne.



