Alors qu'un incendie majeur ravage le Var entre Taradeau et Les Arcs depuis le 19 juillet 2026, la question des impacts des feux de forêt sur le réchauffement climatique se pose avec acuité. Si les sécheresses et canicules à répétition, conséquences du changement climatique, rendent la végétation inflammable, les incendies libèrent à leur tour du CO2, contribuant à l'emballement du phénomène.
Des émissions de CO2 considérables
Les arbres et végétaux stockent du dioxyde de carbone (CO2) via la photosynthèse, constituant un réservoir de carbone. Lorsqu'ils brûlent, ce CO2 est relâché dans l'atmosphère, accentuant l'effet de serre. Selon l'ONG Oxfam, les feux de forêt ont libéré 1 940 mégatonnes de CO2 en 2024 à l'échelle mondiale, soit l'équivalent de cinq fois les émissions annuelles de la France.
Cependant, le portail gouvernemental Géorisques relativise les émissions directement imputables à la France : les surfaces brûlées y sont moins importantes qu'au Canada ou en Australie. À titre de comparaison, l'incendie en Espagne (16 juillet 2026) a déjà ravagé 26 000 hectares, contre environ 2 000 hectares pour le feu inédit en forêt de Fontainebleau. Mais à l'échelle mondiale, l'addition est lourde.
Des puits de carbone durablement menacés
Au-delà des émissions directes, les incendies fragilisent le rôle de puits de carbone des forêts. Oxfam indique qu'entre 2005 et 2013, les forêts françaises absorbaient en moyenne 63 millions de tonnes de CO2 par an. Cette capacité est tombée à 39 millions entre 2014 et 2022, selon l'Institut national de l'information géographique et forestière.
La reconstitution des écosystèmes est longue : selon l'Office national des forêts (ONF), retrouver des arbres de 10 à 20 mètres de haut nécessite 70 à 100 ans en moyenne. Le pic d'absorption du carbone se situe à 30-40 ans pour les résineux et 50-60 ans pour les feuillus, avant de décliner. Ainsi, les incendies créent une dette pour les générations futures.



