Depuis plusieurs jours, les pompiers de la Gironde sont engagés dans un combat acharné contre les multiples reprises de feu qui menacent les zones déjà brûlées. « C'est un peu le jeu du chat et de la souris », confie le lieutenant-colonel Marc Vermeulen, porte-parole du SDIS 33, évoquant la difficulté de maîtriser les foyers résiduels. Alors que les incendies de Landiras et de La Teste-de-Buch ont ravagé plus de 13 000 hectares depuis le début de l'été, les soldats du feu doivent faire face à des reprises incessantes, attisées par le vent et la sécheresse.
Un front de plusieurs kilomètres encore actif
Les opérations se concentrent sur plusieurs points chauds, notamment autour de la forêt de la Teste-de-Buch et du massif de Landiras. Près de 1 200 pompiers sont mobilisés, appuyés par des avions bombardiers d'eau. Malgré une accalmie relative, les autorités appellent à la plus grande vigilance. « Le risque de reprise est très élevé tant que les sols n'auront pas été refroidis en profondeur », explique le préfet de la Gironde, Fabienne Buccio.
Les conditions météorologiques restent préoccupantes : températures élevées, absence de pluie, et vent d’autan qui pourrait raviver les flammes. Les équipes au sol ratissent chaque mètre carré, à la recherche de braises encore actives. « Parfois, on pense avoir éteint un foyer, et quelques heures plus tard, il se rallume à cent mètres de là », détaille le lieutenant-colonel Vermeulen.
Un millier d’évacuations déjà effectuées
Les reprises de feu ont contraint les autorités à évacuer plusieurs hameaux et campings. Au total, ce sont près de 10 000 personnes qui ont dû quitter leur domicile depuis le début des incendies. Les centres d’hébergement d’urgence de la région accueillent encore plusieurs centaines de sinistrés. « Nous avons dû évacuer à trois reprises le même camping de la côte atlantique », raconte un maire de la commune de La Teste-de-Buch.
Les dégâts environnementaux sont considérables. La forêt de la Teste-de-Buch, joyau écologique, a perdu près de 30% de sa superficie. Les associations de protection de l’environnement s’inquiètent de l’impact sur la faune et la flore locales. « La renaissance de cet écosystème prendra des décennies », alerte un représentant de la Sepanso.
Une bataille de longue haleine
Les pompiers prévoient encore plusieurs jours de lutte intense. Les renforts nationaux continuent d’arriver, avec des colonnes venues de toute la France. Le dispositif comprend également des unités spécialisées dans les feux de forêt, équipées de matériels adaptés. « Nous ne relâcherons pas la pression tant que le dernier foyer ne sera pas neutralisé », promet le colonel Marc Vermeulen.
En parallèle, une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine des incendies. La piste criminelle n’est pas exclue, même si la majorité des départs de feu sont attribués à des imprudences. La gendarmerie appelle les témoins à se manifester.
Au-delà de la lutte immédiate, se pose la question de la prévention des futurs incendies. Les élus locaux réclament des moyens supplémentaires pour entretenir les forêts et créer des pare-feu. Le gouvernement a promis un plan d’aide de 20 millions d’euros pour la Gironde, mais les associations estiment cette somme insuffisante. « Il faut repenser notre rapport à la forêt », conclut un expert forestier.



