Incendies en Gironde : après une nuit calme, la canicule fait craindre une reprise du mégafeu
Gironde : nuit calme mais menace canicule sur le mégafeu

Pour la deuxième nuit consécutive, l'incendie qui ravage la Gironde est resté «stabilisé» du lundi 27 au mardi 28 juillet, sans progression majeure. La préfecture a annoncé mardi à 6 heures que «la nuit a été calme» et que le feu était «toujours stabilisé». Plusieurs reprises de feu, notamment au nord du Porge et du Cap-Ferret, ont été maîtrisées et sont «sous contrôle». La surface parcourue par les flammes demeure estimée à 42 000 hectares. Le feu n'est toutefois pas fixé, et la préfète Sophie Brocas avait prévenu lundi soir que la situation restait «très imprévisible».

Une nuit sous surveillance

Si la surface n'a pas évolué, les pompiers ont dû intervenir sur plusieurs départs de feu. «Plusieurs reprises de feu ont été traitées cette nuit, mais sont sous contrôle […] grâce au travail des sapeurs-pompiers», a indiqué la préfecture. Les travaux de coupures tactiques menés par le génie militaire et la Défense des forêts contre l'incendie ont repris dès 6h30 mardi. Selon la préfecture, 103 kilomètres de tranchées ont déjà été réalisés pour créer des «verrous nécessaires à la non-propagation du feu». Lundi, à Marcheprime, des engins rasaient la forêt sur 30 mètres de large.

La canicule ravive les craintes

La météo dicte désormais le calendrier des secours. La Gironde passe en vigilance jaune canicule à partir de midi ce mardi, avec des températures prévues entre 33 et 35 °C dans les terres, un vent de sud-est et des brises océaniques d'ouest sur le littoral. Cette hausse doit s'amplifier mercredi, avec des maximales pouvant atteindre 40 °C dans le Sud-Ouest, accompagnées de vents «un peu moins forts mais plus secs», selon Météo-France. Les pompiers concentrent leurs efforts sur le «noyage du sol» pour empêcher les reprises souterraines, notamment par les racines, comme l'explique la sénatrice de Gironde Nathalie Delattre. Environ 4 000 touristes ont été évacués des hébergements de Lacanau en anticipation de ces conditions défavorables.

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Macron en visite : «tenir»

Emmanuel Macron et Laurent Nuñez se sont rendus lundi au centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis) de Gironde. «Les semaines à venir seront dures et on doit tenir», a déclaré le président. «On ne fait pas le retour d'expérience en plein milieu de la bataille», a-t-il ajouté pour écarter les critiques, appelant à «replanter et rebâtir une forêt différente» adaptée au changement climatique.

Évacuations et paralysie persistante

Aucun retour des habitants évacués n'est envisagé, le feu n'étant pas fixé. Les colonies de vacances restent suspendues, les manifestations sportives et culturelles interdites, ainsi que les activités nautiques sur le lac de Cazaux-Sanguinet. Depuis le début de l'incendie le 22 juillet, près de 220 000 personnes ont été évacuées dans 23 communes et 240 habitations détruites. À Bordeaux, «un peu plus de 1 000 personnes» étaient hébergées au Parc des Expositions, dont «moins d'une centaine» de résidents d'Ehpad, selon le maire Thomas Cazenave. Le bilan des secours fait état de 93 sapeurs-pompiers blessés. Les transports sont également paralysés : aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux (sauf vers Agen et Toulouse) et l'autoroute A63 reste fermée entre Bordeaux et Bayonne. Le ministre de l'Économie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des évacués. Environ 14 500 entreprises girondines ont cessé leur activité ou subi des dommages.

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Renforts européens et bilan national

Les moyens engagés restent massifs : 2 750 sapeurs-pompiers, 1 500 militaires, 1 440 policiers et gendarmes, et 18 moyens aériens en Gironde. L'Union européenne apporte des renforts avec neuf avions et deux hélicoptères supplémentaires, annonce la commissaire Hadja Lahbib. La préfète Sophie Brocas salue une «vague de solidarité» avec des entreprises libérant leurs salariés pompiers volontaires, et des agriculteurs prêtant main-forte. Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon ont été circonscrites lundi soir. Le feu se poursuit en Corse, tandis que celui des Écrins (Hautes-Alpes) a été fixé après 510 hectares parcourus. Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est mort lundi dans un accident de camion-citerne. Depuis le début de l'année, 13 566 feux ont été recensés et 116 085 hectares brûlés en France. Laurent Nuñez qualifie cette saison de «totalement inédite et complètement exceptionnelle».