Le phénomène climatique El Niño, bien connu pour ses perturbations globales, pourrait avoir un successeur encore plus dévastateur : le « Godzilla ». Ce terme, popularisé en 2015 par le climatologue Bill Patzert de la NASA, désigne un super El Niño dont l'intensité dépasse largement la normale. Selon les dernières prévisions, un tel événement pourrait survenir dès 2026, avec des conséquences planétaires majeures.
Qu'est-ce qu'El Niño et pourquoi « Godzilla » ?
El Niño est la phase chaude du cycle El Niño-Oscillation du Sud (ENOS). Normalement, les alizés soufflent d'est en ouest dans le Pacifique équatorial, poussant les eaux chaudes vers l'Indonésie et permettant la remontée d'eaux froides riches en nutriments le long des côtes sud-américaines. Lors d'un El Niño, ces vents s'affaiblissent ou s'inversent, provoquant une extension des eaux chaudes vers l'est et une hausse d'au moins 0,5 °C de la température de surface de l'océan.
Un super El Niño, ou « Godzilla », se caractérise par une anomalie de température dépassant souvent les 2 °C. Les précédents épisodes de ce type, en 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016, ont entraîné des inondations catastrophiques, des sécheresses records, des incendies de forêt massifs et des vagues de chaleur sur plusieurs continents. Selon Bill Patzert, le terme « Godzilla » évoque la puissance destructrice de ces événements, à l'image du célèbre monstre japonais.
Des indicateurs alarmants pour 2026
Dès le printemps 2025, les scientifiques ont observé un renforcement rapide des indicateurs clés : températures de surface du Pacifique, niveau de la mer et ondes de Kelvin. Les autorités météorologiques estiment désormais une probabilité très élevée, jusqu'à 90 %, qu'un El Niño fort se développe d'ici la fin de l'année 2026. Certains modèles prévoient des anomalies proches de celles de 1997, l'un des plus puissants jamais enregistrés.
Les chercheurs s'inquiètent particulièrement de la combinaison de ce phénomène avec le réchauffement climatique global. Cette synergie pourrait amplifier les effets et pousser les températures mondiales vers de nouveaux records en 2027. « Nous risquons de voir des records de chaleur absolus, avec des conséquences sur les écosystèmes et les sociétés humaines », avertit un climatologue du CNRS.
Impacts régionaux attendus
Les conséquences d'un super El Niño se feront sentir sur tous les continents. En Amérique du Sud, le Pérou, l'Équateur et le nord du Chili devront faire face à des pluies torrentielles, des inondations et des glissements de terrain. Les pêches, déjà fragilisées, pourraient s'effondrer. En Asie et en Océanie, l'Indonésie, l'Australie et les Philippines risquent une sécheresse sévère, avec une recrudescence des incendies et des cyclones tropicaux.
En Afrique, la corne de l'Afrique et l'Afrique australe subiraient une aggravation des sécheresses, menaçant les récoltes et la sécurité alimentaire de millions de personnes. L'Europe et la France pourraient connaître des hivers plus doux et humides, mais avec une grande variabilité. Au niveau global, on anticipe une hausse des températures, des perturbations des moussons, des risques pour l'agriculture mondiale et une élévation temporaire du niveau de la mer le long des côtes pacifiques.
Une incertitude persistante
Malgré ces prévisions alarmantes, les scientifiques rappellent que tous les El Niño ne deviennent pas des « Godzilla ». L'intensité exacte reste incertaine, et les modèles doivent être affinés. « Nous ne pouvons pas prédire avec certitude l'ampleur du phénomène, mais la tendance est clairement à un événement majeur », explique un expert de Météo-France. En tout état de cause, le réchauffement climatique global constitue le véritable monstre de cette histoire, amplifiant les risques liés à chaque épisode El Niño.



