Alors que la COP17 contre la désertification se tient à Riyad, le géographe Jean-Daniel Cesaro affirme que la sécheresse exceptionnelle de l'été 2026 en France montre que les pays du Nord deviennent eux aussi vulnérables face à ce phénomène. Selon lui, cette situation doit inciter à une prise de conscience mondiale et à des actions concrètes.
Une sécheresse historique révélatrice
Cet été, la France a connu une sécheresse d'une intensité inédite, avec des restrictions d'eau dans de nombreuses régions et des récoltes fortement affectées. Pour Jean-Daniel Cesaro, chercheur au Cirad, cet événement n'est pas un simple aléa climatique, mais un signe avant-coureur d'une tendance de fond. « Nous devenons nous aussi vulnérables », prévient-il, soulignant que les pays tempérés ne sont plus épargnés par la désertification.
Le géographe rappelle que la désertification ne concerne pas uniquement les zones arides d'Afrique ou d'Asie, mais touche désormais des territoires jusqu'ici épargnés. Les sols français, soumis à des épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses, perdent leur capacité à retenir l'eau et les nutriments, menaçant à terme la productivité agricole et la biodiversité.
Un enjeu mondial et des solutions locales
Jean-Daniel Cesaro insiste sur la nécessité de traiter la désertification comme un enjeu global, nécessitant une coopération internationale renforcée. La COP17, qui se tient actuellement à Riyad, est l'occasion de mobiliser les États autour d'objectifs communs de restauration des terres. Selon lui, les solutions existent : agroécologie, gestion durable de l'eau, reboisement, mais elles doivent être déployées à grande échelle.
Le chercheur appelle également à un changement de paradigme dans les politiques publiques, en intégrant la lutte contre la désertification dans les stratégies d'aménagement du territoire et d'adaptation au changement climatique. Il souligne que les collectivités locales ont un rôle clé à jouer, en expérimentant des pratiques innovantes et en sensibilisant les citoyens.
Des conséquences économiques et sociales
Les impacts de la sécheresse de cet été se font déjà sentir sur l'économie française. Les pertes agricoles sont estimées à plusieurs milliards d'euros, et certains éleveurs ont dû réduire leurs troupeaux faute de fourrage. Ces conséquences pourraient s'aggraver si aucune mesure n'est prise, prévient le géographe.
Au-delà de l'aspect économique, la désertification a des répercussions sociales, notamment dans les zones rurales où l'exode peut s'accentuer. Jean-Daniel Cesaro insiste sur la nécessité de soutenir les agriculteurs et les populations locales, en leur donnant les moyens de s'adapter et de diversifier leurs activités.
La COP17 doit donc aboutir à des engagements concrets et mesurables, pour inverser la tendance à la dégradation des terres. Le géographe espère que la prise de conscience suscitée par la sécheresse française de 2026 servira de catalyseur pour une action mondiale plus ambitieuse.



