La dix-septième Conférence des parties (COP17) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD) s'est ouverte lundi à Riyad, en Arabie saoudite, avec un objectif central : restaurer les sols dégradés, présentés comme un « capital de résilience pour le futur ». Selon les organisateurs, ce sommet, qui se tient jusqu'au 13 décembre, doit aboutir à des engagements concrets pour inverser la tendance à la dégradation des terres, qui affecte près de 40 % des surfaces émergées de la planète.
La conférence intervient dans un contexte où la désertification et la sécheresse touchent plus de 3,2 milliards de personnes dans le monde, selon les données de l'UNCCD. Les délégués de près de 200 pays sont réunis pour négocier des mesures de restauration des sols, de gestion durable de l'eau et d'adaptation des pratiques agricoles.
Un sommet sous le signe de l'urgence
« Nous sommes à un moment charnière : la dégradation des sols menace la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau et la stabilité climatique », a déclaré Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de l'UNCCD, dans son discours d'ouverture. Il a insisté sur le fait que la restauration des terres dégradées pourrait séquestrer jusqu'à 1,4 gigatonne de carbone par an, contribuant ainsi à l'atténuation du changement climatique.
Les scientifiques présents à Riyad rappellent que les sols sains sont essentiels pour absorber le CO2, filtrer l'eau et soutenir la biodiversité. Or, selon le rapport Global Land Outlook de l'UNCCD, publié en 2022, la dégradation des terres coûte à l'économie mondiale environ 10 000 milliards de dollars par an, soit l'équivalent de 5 % du PIB mondial.
Des engagements attendus sur la restauration
La COP17 vise à accélérer la mise en œuvre de l'objectif de neutralité en matière de dégradation des terres, adopté en 2015. À ce jour, plus de 120 pays se sont engagés à restaurer un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici 2030, mais les progrès restent insuffisants. Les négociations porteront sur la création d'un mécanisme financier dédié, ainsi que sur le transfert de technologies vers les pays en développement.
L'Arabie saoudite, pays hôte, a annoncé une contribution de 150 millions de dollars à un fonds pour la résilience des terres. D'autres pays, comme la France et l'Allemagne, devraient annoncer des financements supplémentaires lors des prochaines journées du sommet.
Une mobilisation de la société civile
Des organisations non gouvernementales et des représentants de communautés autochtones ont également pris la parole, appelant à une prise en compte accrue des droits fonciers et des savoirs traditionnels. « Les solutions existent, mais elles doivent être mises en œuvre avec et par les populations locales », a souligné Mariam Al-Mansouri, porte-parole d'un collectif d'ONG présentes à Riyad.
La COP17 doit se conclure par une déclaration politique et un plan d'action, que les experts espèrent ambitieux. En attendant, les observateurs notent que le sommet de Riyad est un test de la volonté des États à transformer leurs engagements en actions concrètes, alors que la pression sur les ressources naturelles ne cesse de croître.



