Climatisation et climat : le débat en 5 minutes
Climatisation : bonne ou mauvaise pour le climat ?

La climatisation est-elle un remède ou un poison pour le climat ? Alors que les vagues de chaleur se multiplient, le débat fait rage. D'un côté, elle permet de survivre à des températures extrêmes ; de l'autre, elle aggrave le réchauffement. Pour y voir clair, résumons les arguments comme une conversation entre voisins.

Le constat : la clim sauve des vies mais consomme de l'énergie

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le nombre de climatiseurs dans le monde devrait passer de 2 milliards en 2020 à 5,6 milliards en 2050. La climatisation représente déjà près de 10 % de la consommation électrique mondiale. En France, le parc de climatiseurs a doublé entre 2010 et 2020, selon l'Ademe.

L'impact sur le climat est double : d'une part, les gaz frigorigènes (HFC) utilisés dans les circuits de refroidissement sont de puissants gaz à effet de serre, jusqu'à 2 000 fois plus réchauffants que le CO2. D'autre part, l'électricité nécessaire à leur fonctionnement provient souvent d'énergies fossiles, émettant du CO2.

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L'effet îlot de chaleur : la clim réchauffe les villes

Un argument souvent avancé est que la climatisation rejette de la chaleur à l'extérieur, aggravant les îlots de chaleur urbains. Une étude du CNRS a montré que la chaleur rejetée par les climatiseurs peut augmenter la température de l'air ambiant de 1 à 2 °C dans les rues. En été, cela crée un cercle vicieux : plus il fait chaud, plus on utilise la clim, plus il fait chaud.

Cependant, cet effet est limité à l'échelle locale. À l'échelle planétaire, l'impact direct de la chaleur rejetée est négligeable par rapport à l'effet de serre des gaz émis.

Les solutions : améliorer l'efficacité et les gaz

Pour réduire l'impact, plusieurs pistes existent. D'abord, améliorer l'efficacité énergétique des appareils. Les climatiseurs les plus performants consomment trois fois moins d'électricité que les modèles anciens. Ensuite, remplacer les HFC par des gaz moins nocifs (comme le R32 ou les hydrofluoroléfines). Le protocole de Kigali (2016) prévoit une réduction progressive de 80 % des HFC d'ici 2047.

Enfin, l'isolation des bâtiments et les solutions passives (végétalisation, stores, ventilation) peuvent réduire le besoin de climatisation. Selon l'Ademe, une maison bien isolée peut réduire de 50 % la consommation de climatisation.

Le dilemme : nécessité sanitaire vs urgence climatique

Dans les pays chauds, la climatisation est devenue une question de survie. Lors de la canicule de 2003 en Europe, on estime que 70 000 décès supplémentaires ont été causés par la chaleur. Sans climatisation, le nombre de morts liés à la chaleur pourrait quadrupler d'ici 2050, selon une étude de The Lancet.

Mais l'usage généralisé de la climatisation dans les pays développés n'est pas transposable à tous. Si chaque habitant de la planète utilisait autant la clim qu'un Américain, les émissions de CO2 liées au refroidissement augmenteraient de 20 % des émissions mondiales actuelles.

Que retenir ?

La climatisation n'est ni bonne ni mauvaise en soi : c'est un outil dont l'impact dépend de son usage, de son efficacité et de l'énergie qui l'alimente. Pour limiter son effet sur le climat, il faut agir sur trois leviers : améliorer l'efficacité des appareils, réduire les fuites de gaz frigorigènes et décarboner l'électricité. Mais surtout, il faut repenser nos bâtiments et nos modes de vie pour moins dépendre de la climatisation.

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