Cécile Duflot accueille des réfugiés climatiques dans les Landes
Cécile Duflot accueille des réfugiés des incendies

Samedi 24 juillet 2026, 0h06. Le téléphone sonne. Je reconnais la voix de Ludovic, le maire de Saugnac-et-Muret. « Cécile, bonjour, c’est Ludovic. » Je sais déjà pourquoi il appelle. Deux jours plus tôt, j’avais répondu à l’appel sur IntraMuros, l’application du village, qui demandait des volontaires pour héberger des personnes évacuées des incendies. « Des gens à accueillir, oui, bien sûr, dis-moi quand ils arrivent. »

Un hébergement d’urgence de dernière minute

La scène a un goût de déjà-vu. Il y a quatre ans, une famille avait déjà trouvé refuge chez nous, avant de repartir. Quelques jours plus tard, c’était notre maison qui était menacée par les flammes. Les gendarmes nous pressaient d’évacuer devant l’avancée du feu. Ce premier mégafeu de France, un monstre capable de progresser à 7 kilomètres-heure, reste gravé dans ma mémoire. Aujourd’hui, l’histoire se répète.

Je n’ai pas le temps de réfléchir, il faut préparer les lits. À peine le temps de regretter de ne pas avoir passé l’aspirateur dans la chambre du haut. Puis ils arrivent, accompagnés du maire. Quatorze personnes, âgées de 6 mois à 94 ans. Des familles entières, des enfants, des personnes âgées. Leurs visages sont marqués par l’inquiétude, mais ils restent calmes. Je leur montre les chambres, leur propose à boire.

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Des réfugiés climatiques en France

Cet épisode illustre une réalité que la France connaît depuis quelques années : les premiers réfugiés climatiques. Les incendies de l’été 2026, particulièrement violents dans le Sud-Ouest, ont contraint des milliers de personnes à quitter leur domicile. Le bassin d’Arcachon a été particulièrement touché. Le 25 juillet, plusieurs communes ont été évacuées et leurs habitants logés au Parc des Expositions de Bordeaux, transformé en centre d’hébergement d’urgence.

Les flammes ne connaissent pas les frontières administratives. Dans les Landes, la forêt est un espace de vie et de travail, mais aussi un danger quand le feu s’invite. Chaque été, les risques augmentent avec la sécheresse et les canicules. Le changement climatique n’est plus une hypothèse lointaine : il est là, dans nos jardins, dans nos maisons menacées.

L’engagement citoyen face à l’urgence

L’élan de solidarité a été immédiat. Sur IntraMuros, les propositions d’hébergement ont afflué. Les maires, les associations, les simples citoyens se sont mobilisés. Ma propre situation, d’ancienne ministre et ex-secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts, ne change rien à l’affaire : je suis une habitante des Landes comme une autre, confrontée à la même réalité.

Ces quatorze personnes sont restées chez nous plusieurs jours, le temps que la situation se stabilise. Nous avons partagé des repas, des histoires, des inquiétudes. Les enfants ont joué dans le jardin, les adultes ont suivi les informations. Le feu a finalement été maîtrisé, mais les cicatrices restent. Certains ont perdu leur maison, d’autres leur exploitation agricole. La reconstruction sera longue.

Cet épisode rappelle que la protection de l’environnement n’est pas une option. Elle est une nécessité vitale. Les réfugiés climatiques ne sont plus une menace lointaine : ils sont là, chez nous, et nous devons les accueillir.

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