La vague de chaleur qui a frappé l'Europe en juin 2026 est la plus sévère jamais enregistrée sur le continent, et elle aurait été quasi impossible sans le changement climatique d'origine humaine, selon une étude du réseau World Weather Attribution (WWA) publiée ce lundi 29 juin.
Des températures records et une probabilité multipliée par 100
Les scientifiques du WWA, qui analysent le lien entre événements extrêmes et réchauffement climatique, ont conclu que cette canicule était au moins 100 fois plus probable en raison du changement climatique. Sans ce dernier, un tel épisode ne se produirait qu'une fois tous les 1 000 ans en moyenne.
“Nous avons constaté que le changement climatique a rendu cette canicule au moins 100 fois plus probable”, a déclaré Friederike Otto, climatologue à l'Imperial College de Londres et co-autrice de l'étude. “En l'absence de changement climatique, un événement comme celui-ci serait extrêmement rare, statistiquement quasi impossible.”
Des températures maximales atteignant 45°C
La canicule a débuté le 20 juin et a culminé entre le 25 et le 28 juin, avec des températures maximales dépassant les 40°C dans plusieurs pays, notamment en France, en Espagne, en Italie et en Grèce. Le record absolu pour le mois de juin en Europe a été battu en France, avec 45,2°C enregistrés à Montpellier le 27 juin.
Selon Météo-France, la température moyenne sur la période a été supérieure de 8 à 10°C par rapport aux normales saisonnières. Les nuits ont également été particulièrement chaudes, avec des minimales restant au-dessus de 25°C dans de nombreuses villes, empêchant tout rafraîchissement.
Des impacts sanitaires et économiques majeurs
Les autorités sanitaires ont recensé au moins 1 500 décès supplémentaires liés à la chaleur dans les pays touchés, dont plus de 500 en France. Les hôpitaux ont été submergés par les admissions pour coups de chaleur et déshydratation, notamment chez les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques.
L'agriculture a également été durement touchée, avec des pertes estimées à plusieurs milliards d'euros dans les secteurs viticole, céréalier et fruitier. En Espagne, la sécheresse combinée à la chaleur a provoqué des incendies de forêt dévastateurs, brûlant plus de 50 000 hectares.
Une étude basée sur la modélisation climatique
Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs du WWA ont utilisé des modèles climatiques pour comparer la probabilité d'une telle canicule dans le climat actuel, réchauffé d'environ 1,2°C par rapport à l'ère préindustrielle, et dans un climat sans influence humaine. Ils ont également analysé les données historiques de températures.
“Cette étude montre clairement que le changement climatique n'est pas un problème lointain, mais qu'il se produit ici et maintenant”, a souligné Friederike Otto. “Chaque fraction de degré de réchauffement supplémentaire rendra ces événements encore plus fréquents et plus intenses.”
Des appels à une action climatique renforcée
La publication de l'étude intervient alors que les dirigeants européens sont réunis en sommet à Bruxelles pour discuter des politiques climatiques. Plusieurs organisations environnementales ont appelé à une accélération de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
“Cette canicule est un signal d'alarme supplémentaire”, a déclaré un porte-parole de Greenpeace France. “Nous devons de toute urgence sortir des énergies fossiles et investir massivement dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.”
Le gouvernement français a annoncé le déploiement de mesures d'urgence, notamment l'ouverture de salles climatisées dans les villes, la distribution d'eau gratuite dans les lieux publics et le renforcement des effectifs hospitaliers. Une cellule interministérielle de crise a été activée pour coordonner la réponse.



