La Corée du Sud a dévoilé un plan d'investissements massif de 1 000 milliards d'euros dans l'intelligence artificielle (IA), une initiative sans précédent qui vise à propulser le pays au rang de leader mondial dans ce domaine stratégique. L'annonce a été faite par le président Yoon Suk Yeol lors d'un sommet sur l'IA à Séoul, soulignant l'ambition du pays de rivaliser avec les États-Unis et la Chine.
Un plan détaillé pour l'IA
Ce plan, qui s'étend sur les cinq prochaines années, prévoit des investissements dans la recherche fondamentale, le développement de puces spécialisées pour l'IA, la formation de talents et la création d'infrastructures de données. Selon le gouvernement sud-coréen, l'objectif est de faire passer la part de l'IA dans le PIB du pays de 2,5 % actuellement à 10 % d'ici 2027.
« Nous investissons massivement pour que la Corée du Sud devienne un pôle mondial de l'IA, non seulement en termes de technologie, mais aussi en matière d'éthique et de régulation », a déclaré le président Yoon Suk Yeol. Le plan inclut également la création d'un fonds de 50 milliards d'euros dédié aux startups innovantes dans le domaine de l'IA.
Des secteurs clés ciblés
Les investissements cibleront en priorité les secteurs de la santé, de l'industrie manufacturière et des transports, où l'IA pourrait avoir un impact transformateur. Par exemple, dans le domaine médical, l'IA devrait permettre de réduire de 30 % le temps de diagnostic des maladies rares. Dans l'industrie, l'automatisation intelligente pourrait augmenter la productivité de 15 % d'ici 2025, selon les estimations du ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Énergie.
Le gouvernement prévoit également de former 100 000 experts en IA d'ici 2027, en partenariat avec les universités et les entreprises technologiques. Un programme de bourses et de stages sera mis en place pour attirer les talents étrangers.
Réactions et enjeux
Ce plan a été salué par les géants technologiques sud-coréens comme Samsung et SK Hynix, qui se sont engagés à investir 200 milliards d'euros supplémentaires dans le cadre de partenariats public-privé. « C'est un signal fort pour l'écosystème de l'IA en Corée du Sud. Cela va stimuler l'innovation et créer des emplois hautement qualifiés », a commenté le PDG de Samsung Electronics.
Cependant, certains experts mettent en garde contre les risques de dépendance excessive à l'égard des technologies étrangères, notamment pour les semi-conducteurs. « La Corée du Sud doit non seulement investir, mais aussi développer ses propres technologies de base pour ne pas rester vulnérable aux tensions géopolitiques », a souligné un analyste du Korea Institute for Industrial Economics and Trade.
L'annonce intervient alors que la concurrence mondiale s'intensifie, avec des plans similaires aux États-Unis (500 milliards d'euros) et en Chine (400 milliards d'euros). La Corée du Sud espère ainsi se positionner comme un acteur incontournable de la troisième révolution industrielle.



