Cyberpédocriminalité : 30 consommateurs d’images interpellés en France
Cyberpédocriminalité : 30 personnes interpellées en France

Une trentaine de personnes, suspectées d'être consommatrices d'images de violences sexuelles sur mineurs, ont été interpellées sur l'ensemble du territoire français, a annoncé mardi 24 juin la police judiciaire. Cette opération d'envergure, baptisée "Place Nette XXIII", a mobilisé 250 enquêteurs issus de l'Office central de lutte contre les violences faites aux mineurs (OCVVM) et des services territoriaux de police judiciaire.

Déroulement de l'opération

Les interpellations se sont déroulées du 17 au 21 juin, dans 22 départements différents. Les suspects, âgés de 18 à 67 ans, sont visés par des enquêtes pour "consultation habituelle d'images pédopornographiques" et "détention d'images de mineurs présentant un caractère pornographique". Selon la police, les perquisitions ont permis de saisir plus de 200 supports numériques (ordinateurs, téléphones, disques durs) qui feront l'objet d'analyses approfondies.

Profil des mis en cause

Parmi les trente interpellés, on compte des profils variés : des employés du secteur privé, des fonctionnaires, des retraités, mais aussi un enseignant et un animateur périscolaire. Ce dernier, âgé de 34 ans, exerçait dans une école primaire de la région Île-de-France. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire. "Ces profils montrent que ce phénomène touche toutes les catégories socioprofessionnelles", a commenté le commissaire divisionnaire Jean-Pierre Roussel, chef de l'OCVVM.

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Coordination internationale

L'opération a bénéficié d'un échange d'informations avec Europol et le FBI, dans le cadre d'une coopération internationale renforcée contre la cyberpédocriminalité. "Ces arrestations sont le fruit d'un travail de longue haleine, avec des enquêteurs qui traquent les échanges de fichiers sur les réseaux pair-à-pair et les messageries cryptées", a précisé le commissaire Roussel. Selon les données d'Europol, la France est l'un des pays européens les plus actifs dans la lutte contre ce phénomène, avec plus de 1 500 interpellations en 2025.

Impact et suites judiciaires

Les 30 personnes interpellées ont été placées en garde à vue. À l'issue de cette mesure, 28 d'entre elles ont été déférées devant un juge d'instruction, tandis que deux ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire. Les peines encourues pour consultation habituelle d'images pédopornographiques peuvent aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. La police judiciaire rappelle que la détention de ces images "alimente un marché criminel qui fait des victimes chaque jour" et encourage les citoyens à signaler tout contenu suspect via le site internet-signalement.gouv.fr.

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