Un an après le plus grand cluster de chikungunya de France, qui avait touché près de 150 personnes à Antibes à l'automne 2025, le moustique-tigre n'est plus une préoccupation majeure pour les habitants des quartiers nord de la ville. Entre faible présence constatée et canicule étouffante, le sujet semble presque oublié, comme en témoigne une résidente croisée dans le quartier de Saint-Claude ce mercredi 12 août.
Un cluster historique à Antibes
En septembre et octobre 2025, les secteurs de Saint-Claude et des Combes, au nord d'Antibes, avaient concentré la majeure partie du plus grand cluster de chikungunya jamais enregistré en France. Près de 150 cas autochtones avaient été détectés pour la seule commune, avec un « patient zéro » revenu infecté d'un voyage à Madagascar. L'Agence régionale de santé (ARS) avait alors mené une vague massive de prévention et de démoustication ciblée, qualifiée de « plus grosse opération de démoustication jamais réalisée en France ». Par ailleurs, 11 000 personnes avaient reçu une notification « Alerte sanitaire » de la préfecture.
Une faible présence constatée par les habitants
Près d'un an plus tard, le moustique-tigre semble avoir déserté les esprits. À la pharmacie Saint-Damien, on indique n'avoir « pas connu de pics de vente sur les répulsifs ». Nadia, résidente des Jardins d'Élise, chemin de Saint-Claude, affirme n'avoir « jamais eu peur » mais avoir « suivi la progression des cas ». Elle observe : « J'ai l'impression qu'il y a moins de moustiques. » Patrick Verrier, habitant du quartier des Combes, partage ce constat : « Les effets de la prévention ou la démoustication de l'an passé ? Ou est-ce qu'il faut trop chaud pour les moustiques-tigres aussi ? En tout cas, cet été, je ne me suis pas fait piquer. On va attendre encore, mais ça ne génère aucune crainte. »
Une lutte en amont, sans démoustication massive
Cette année, la Ville d'Antibes a organisé la lutte contre le moustique-tigre en amont, en axant sur la sensibilisation et la traque des eaux stagnantes dans les résidences secondaires inusitées. Elle se refuse toutefois aux campagnes de démoustication massive, à l'inverse de plusieurs communes voisines. Une décision que regrette Patrick Verrier, qui reste néanmoins sans inquiétude. Très attentif au suivi du cluster l'an passé, il avoue même : « Ce mot, chikungunya, je l'avais presque oublié. En ce moment, le sujet, c'est la canicule. »



