Quand le littoral azuréen suffoque sous 32 °C, les habitants de Nice cherchent-ils la fraîcheur dans les montagnes de l'arrière-pays ? Tradition ancestrale, la possession d'un pied-à-terre dans les hauteurs s'est perdue avec la hausse du foncier et la baisse du pouvoir d'achat. Mais les vagues de chaleur répétées pourraient inverser la tendance.
Saint-Étienne-de-Tinée : une fréquentation en hausse
Colette Fabron, maire (sans étiquette) de Saint-Étienne-de-Tinée (1 140 mètres d'altitude), observe un afflux notable. Son plan d'eau gratuit, Le petit bois des lutins, enregistre 25 % d'entrées supplémentaires par rapport à juillet 2025. « Le camping est complet fin juillet », ajoute-t-elle, contrastant avec les bassins payants de Roquebillière et Clans, qui restent moins fréquentés.
Saint-Dalmas-le-Selvage : un constat mitigé
À 1 500 mètres d'altitude, dans la même vallée de la Tinée, le maire Cédric Issautier ne constate « rien de flagrant ». Malgré des matinées fraîches (11 à 20 °C), les arrivées estivales sont en baisse globale. Il évoque le prix du carburant et la baisse du pouvoir d'achat : « Les vacanciers fidèles d'autres régions ont conservé leurs habitudes. »
Des chiffres contrastés selon l'office de tourisme
L'office de tourisme métropolitain (OTM) note une hausse des séjours français en juin 2026 : +42 % sur le littoral, +62 % dans le moyen pays et +18 % dans le haut pays. Mais les touristes restent moins longtemps, limitant l'augmentation des nuitées.
Isola 2000 : le refuge des 10 °C
À 2 000 mètres, Virginie Tumorticchi, responsable du bureau d'information de l'OTM d'Isola 2000, constate une fréquentation grimpante en juillet. « Deux hôtels sont pleins. J'ai demandé à plusieurs personnes samedi 18 juillet : elles ont réservé au dernier moment pour fuir la chaleur », raconte-t-elle. La différence est saisissante : 32 °C au village d'Isola (870 m) contre 24 °C à la station. « Le vrai bonheur, c'est le soir, quand la température avoisine les 10 °C », glisse-t-elle.
Restaurateurs : l'arrière-pays plus fréquenté que le bord de mer
Noël Ajoury, président de la branche restauration de l'Umih Nice Côte d'Azur, confirme que les restaurants de l'arrière-pays ont mieux fonctionné que ceux du littoral en juillet, midi et soir. « Il y fait plus frais, les tarifs sont plus bas et l'esprit plus familial. La clientèle est majoritairement française, voire locale, contrairement au bord de mer où dominent les touristes étrangers. »



