La chaleur accélère le cycle de vie des moustiques, mais l'eau est tout aussi cruciale. Ces insectes à sang froid voient leur développement dépendre directement de la température : lorsqu'elle augmente, les larves grandissent plus vite et les adultes atteignent plus rapidement l'âge de se reproduire. Chez plusieurs espèces, dont le moustique tigre (Aedes albopictus), quelques jours de chaleur suffisent à raccourcir le cycle de développement.
Une température optimale, pas une course sans limite
Cependant, il existe une limite. Des températures très élevées, surtout au-delà de 35 °C selon les espèces et les conditions d'humidité, augmentent le risque de déshydratation et réduisent la survie des adultes. Les biologistes parlent d'une température optimale, et non d'une relation où « plus il fait chaud, mieux c'est ».
L'eau, élément indispensable à la reproduction
La chaleur seule ne suffit pas. Les moustiques ont impérativement besoin d'eau pour pondre et pour que leurs larves se développent. Une longue période de sécheresse peut faire chuter les populations en supprimant les gîtes larvaires. Le paradoxe apparaît après les premières pluies estivales. Les coupelles sous les pots de fleurs, gouttières, récupérateurs d'eau ou flaques temporaires se remplissent rapidement et deviennent des nurseries idéales. En ville, quelques centimètres d'eau stagnante suffisent à produire des dizaines de moustiques en une semaine. Chez certaines espèces du genre Aedes, les œufs peuvent même survivre plusieurs mois à sec avant d'éclore dès leur remise en eau.
Canicule et invasion : un lien complexe
Une étude publiée en 2023 dans Frontiers in Ecology and Evolution a comparé des populations de moustiques du monde entier. Les chercheurs montrent que la tolérance à la chaleur est plus élevée dans les régions où les précipitations sont importantes. Autrement dit, chaleur et humidité agissent ensemble : un climat très chaud mais sec n'offre pas les mêmes conditions qu'un climat chaud et humide.
En revanche, prévoir l'abondance des moustiques à partir de la météo reste difficile. Les spécialistes s'accordent sur le rôle majeur de la température et des précipitations, mais l'urbanisation, les pratiques de stockage de l'eau, la végétation ou encore les espèces présentes modifient fortement les résultats d'un territoire à l'autre. C'est pourquoi une canicule ne signifie pas automatiquement davantage de moustiques.



