Amine Messal : l'activiste qui veut suspendre les loyers pendant les canicules
Amine Messal : suspendre les loyers pendant les canicules

L'ingénieur et économiste toulousain Amine Messal, 28 ans, a lancé le 27 juin 2026 une pétition choc : créer un droit à la suspension du loyer pour les locataires dont le logement devient invivable lors des épisodes de canicule. L'initiative, portée avec un collectif de militants et d'associations, a déjà recueilli plus de 50 000 signatures. Elle a aussi été reprise par les députés de La France insoumise (LFI), qui ont déposé une proposition de loi le 7 juillet. Le texte propose que les locataires puissent suspendre leur loyer si leur logement manque d'équipements de base contre la chaleur : stores, volets en bois, ventilation ou brasseurs d'air.

Un activiste aux multiples combats

Amine Messal ne se limite pas à la question du logement. Engagé de longue date pour le climat, il lutte aussi contre le projet d'autoroute A69, qu'il qualifie sur son compte Instagram (suivi par 26 000 abonnés) de « dinguerie ». Le 13 juillet, il dénonçait devant le Conseil d'État la validation du projet. Pour lui, cette autoroute est un non-sens écologique qui aggrave les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance à la voiture individuelle.

Depuis le 7 octobre 2023, il s'est également mobilisé pour le peuple palestinien, dénonçant un « génocide » à Gaza. Il s'était fait connaître un an plus tôt en s'introduisant à l'arrivée d'une étape du Tour de France pour protester contre la présence d'un sponsor jugé polluant. Son profil mêle une critique radicale du système économique et un engagement pour une « écologie décoloniale », qui lie justice climatique et justice sociale.

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Une pétition qui interpelle sur l'habitat

La pétition « Pas de volets, pas de loyer ! » repose sur un constat simple : chaque année, les canicules tuent des dizaines de personnes en France, notamment dans des logements mal adaptés. Selon Santé publique France, plus de 5 000 décès ont été attribués à la chaleur lors de l'été 2023. Amine Messal souligne que les locataires sont les premières victimes : « On ne choisit pas son logement quand on a un petit budget, et les propriétaires ne font rien pour isoler les bâtiments ou installer des protections solaires. »

Le militant propose une mesure concrète : dès que la température dépasse 30°C pendant trois jours consécutifs, le locataire pourrait suspendre son loyer tant que son logement reste invivable. Une idée qui a séduit les députés LFI, mais qui suscite des critiques chez les propriétaires et certains syndicats de l'immobilier. « Cela revient à faire payer les propriétaires pour un problème qui est celui de l'État, de l'urbanisme et du réchauffement climatique », rétorquent-ils.

Un parcours atypique entre ingénierie et économie

Amine Messal n'est pas un activiste comme les autres. Diplômé d'une école d'ingénieurs et d'un master en économie, il travaille aujourd'hui comme consultant en transition écologique. Il se définit comme un « écolo-décolo », assumant une pensée influencée par les études postcoloniales et les théories de la décroissance. Pour lui, la crise climatique est indissociable des inégalités Nord-Sud et du capitalisme extractiviste.

Cette approche le conduit à soutenir des causes variées, de la lutte contre les mégabassines à la défense des migrants climatiques. Son discours tranche avec l'écologie mainstream, souvent jugée trop technocentrée. « On ne résoudra pas le problème avec des voitures électriques ou des panneaux solaires tant qu'on n'aura pas remis en cause le modèle de consommation et de propriété », affirme-t-il dans une interview.

Impact et réactions

La proposition de loi déposée par les députés LFI reprend les grandes lignes de la pétition, mais avec des conditions plus restrictives. Elle prévoit une suspension de loyer après un diagnostic de précarité énergétique estivale, réalisé par un organisme agréé. Le texte doit être examiné à l'automne 2026, mais son avenir est incertain face à la majorité présidentielle qui refuse de « créer un droit à ne pas payer son loyer ».

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En attendant, Amine Messal continue de mobiliser sur les réseaux sociaux et dans la rue. Le 20 juillet, il organisait une « canicule party » devant le ministère de la Transition écologique, distribuant des bouteilles d'eau et des brassards « pas de loyer ». Une manière de rappeler que l'urgence climatique nécessite des mesures rapides et parfois radicales.