Abandon du projet d'autoroute de contournement est de Rouen
Abandon du contournement autoroutier est de Rouen

Le gouvernement a officiellement abandonné le projet d'autoroute de contournement est de Rouen (A133-A134), a annoncé le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, lors d'une conférence de presse tenue ce jeudi 2 juillet 2026. Ce projet, estimé à 1,2 milliard d'euros, visait à relier l'A13 au nord-est de Rouen à l'A28 au sud-est, en traversant la vallée de la Seine. Il était vivement contesté par les associations environnementales et une partie de la population locale.

Un projet controversé depuis des décennies

Le contournement est de Rouen était envisagé depuis les années 1990 pour désengorger le trafic de transit traversant l'agglomération rouennaise, notamment via le pont Mathilde et les tunnels de la ville. Selon une étude d'impact réalisée en 2020, le projet aurait entraîné la destruction de 150 hectares de zones naturelles et agricoles, dont des zones humides protégées. Les opposants dénonçaient également son coût élevé et son impact sur la qualité de l'air.

Les raisons de l'abandon

Jean-Baptiste Djebbari a justifié cette décision par "l'évolution des priorités en matière de mobilité durable" et par "la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre". Il a précisé que le gouvernement privilégierait désormais des solutions alternatives, comme le développement des transports en commun et le report modal vers le ferroviaire. "Nous devons investir dans des infrastructures qui répondent aux défis climatiques et non les aggraver", a-t-il déclaré. L'abandon du projet s'inscrit dans le cadre du plan national de décarbonation des transports, qui vise à réduire de 30 % les émissions du secteur d'ici 2030.

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Réactions contrastées

Les associations écologistes, comme France Nature Environnement et les Amis de la Terre, ont salué une "victoire historique" pour la protection de l'environnement. "C'est un signal fort envoyé aux collectivités et aux citoyens : les projets destructeurs ne sont plus acceptables", a réagi Marie-Laurence Hainque, porte-parole de l'Union régionale des associations de protection de la nature en Normandie. En revanche, les élus locaux, notamment la maire de Rouen, Valérie Fourneyron (PS), ont exprimé leur déception. "C'est une décision qui pénalise les habitants et les entreprises de la métropole, confrontés quotidiennement aux embouteillages", a-t-elle regretté. La chambre de commerce et d'industrie de Rouen a estimé que l'abandon pourrait entraîner une perte de compétitivité pour le port de Rouen, deuxième port de France pour le trafic de marchandises.

Quelles alternatives ?

Le gouvernement s'est engagé à présenter d'ici la fin de l'année un plan de mobilité pour l'agglomération rouennaise, incluant le renforcement des lignes de bus et de tramway, ainsi que la création d'une voie réservée au covoiturage sur l'autoroute A13. Un fonds de 200 millions d'euros sera débloqué pour financer ces projets. Par ailleurs, le report modal vers le fret ferroviaire sera encouragé, avec un objectif de doublement du trafic de marchandises par train d'ici 2035.

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