L’ESS perturbé : l’aérien demande une suspension pour l’été
ESS : l’aérien demande une suspension pour l’été

À quelques semaines du pic estival, les principaux acteurs du transport aérien en Europe tirent la sonnette d’alarme. Dans une lettre ouverte adressée à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, les organisations représentant les aéroports (ACI Europe), les compagnies aériennes (Airlines 4 Europe) et l’Association du transport aérien international (IATA) demandent la possibilité de suspendre les contrôles du système d’entrée/sortie (ESS) pendant la haute saison.

Un système qui fait perdre jusqu’à cinq heures aux voyageurs

Le système ESS, mis en place progressivement depuis octobre 2025 et pleinement opérationnel depuis avril, vise à renforcer la sécurité et lutter contre l’immigration illégale. Il impose aux ressortissants de pays tiers (hors espace Schengen, Irlande et Chypre) de s’enregistrer à l’arrivée en fournissant identité, empreintes digitales et photo, remplaçant à terme le tamponnage manuel des passeports.

Selon les signataires de la lettre, relayée par The Guardian, les temps d’attente aux contrôles frontaliers ont « considérablement augmenté » depuis avril, atteignant « jusqu’à cinq heures aux heures de pointe ». Les files d’attente s’étendent parfois à l’extérieur des aérogares et sur les aires de stationnement, faute de capacité de traitement suffisante. « Les passagers sont déjà contraints de faire la queue pendant de longues périodes à l’extérieur », déplorent-ils.

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Un afflux estival de 40 millions de passagers supplémentaires

Les professionnels redoutent une aggravation de la situation avec l’été : les aéroports européens devraient accueillir environ 40 millions de passagers de plus en juillet et août par rapport aux deux mois précédents. « Nous avons atteint un point critique », écrivent-ils. Ils estiment que ces retards nuisent à la réputation de l’Europe, notamment pour le tourisme et la connectivité. « Certains voyageurs internationaux reconsidèrent leurs projets de voyage en Europe en raison des risques de retards excessifs aux frontières », ajoutent-ils, précisant que « les compagnies aériennes se retrouvent avec des avions à moitié vides au moment de la fermeture des portes d’embarquement ».

Des suspensions déjà mises en œuvre dans certains États

Les difficultés ne sont pas isolées. La Grèce a suspendu les contrôles biométriques pour les voyageurs britanniques jusqu’en septembre. En mai, la police française a temporairement suspendu les contrôles supplémentaires au port de Douvres. Dans leur lettre, les organisations demandent à la Commission d’autoriser les aéroports à « suspendre complètement » les contrôles « chaque fois que le nombre de passagers dépasse la capacité opérationnelle des installations de contrôle aux frontières » en juillet et août.

La Commission défend un système qui « fonctionne bien »

La Commission européenne ne partage pas ce constat. Un porte-parole a affirmé au Financial Times que le système d’entrée/sortie est « pleinement opérationnel dans tous les pays Schengen et fonctionne bien », ajoutant que « les règles prévoient la flexibilité nécessaire pour assurer la fluidité des frontières ». Selon Bruxelles, « le plus souvent, les longs temps d’attente ne sont pas liés au fonctionnement de l’EES, mais à des facteurs préexistants, tels que la pénurie de personnel, les limitations d’infrastructure, ainsi que la concentration des vols dans des créneaux horaires spécifiques ».

Le président d’ACI Europe, Stefan Schulte, a estimé que les responsables politiques devraient « cesser de prétendre que le système EES fonctionne parfaitement », car « ce n’est pas le cas ». Après la publication de la lettre, la Commission a indiqué qu’une réunion serait organisée avec les représentants de l’industrie « dans les prochains jours ».

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