Le feu du Gros Bessillon, dans le Var, est stabilisé mais la menace reste extrême. Les autorités redoutent un retour du mistral, avec des rafales pouvant dépasser les 50 km/h, qui pourrait raviver les flammes. Pour parer à cette éventualité, plus de 800 sapeurs-pompiers seront déployés au sol ce jeudi, appuyés par des moyens aériens.
Une accalmie mise à profit pour préparer la riposte
La journée de mercredi a été relativement calme sur le périmètre de l'incendie, permettant aux équipes de traiter quelques fumerolles et de détecter les points chauds. « C'est une bonne nouvelle, la détection de ces fumerolles a justement permis de détecter les points chauds », a indiqué le contrôleur général Eric Grohin, directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Var.
Cette accalmie a été précieuse pour déployer une stratégie défensive face au changement de vent attendu. « Il s'agit de mettre en place des dispositifs de lutte dans les endroits les plus à risque sous un régime de mistral. Il a ainsi été établi des kilomètres et des kilomètres de tuyaux, dans des endroits parfois très escarpés, afin de pouvoir faire face à une reprise du feu poussé dans la direction du mistral », a expliqué le préfet du Var, Simon Babre.
Des moyens massifs pour affronter le mistral
Le dispositif opérationnel est fin prêt. « Plus de 800 sapeurs-pompiers au sol seront déployés ce jeudi matin, soutenus par les deux hélicoptères bombardiers d'eau du département, les deux Canadair prépositionnés à Hyères, et le guet aérien armé d'un Dash. Si les besoins devaient évoluer, ce dispositif peut être amplifié en hommes et femmes au sol, comme en moyens aériens », a détaillé le préfet.
Des établissements de grande longueur ont été déployés sur plusieurs kilomètres dans des zones sensibles, afin de contenir toute reprise. Le concours des Canadair pourrait être précieux, et d'autres appareils basés à Nîmes Garons pourront compléter le dispositif si nécessaire.
Une alerte chaude à Camps-la-Source
Malgré cette accalmie, une chaude alerte a eu lieu en journée entre Camps-la-Source et Forcalqueiret. L'éclatement du pneu d'un camion a provoqué un départ de feu qui a détruit cinq hectares de végétation. Cet incident illustre « l'extrême dangerosité de la moindre étincelle sur de la végétation sèche », a souligné le préfet.
Des initiatives locales pour limiter les risques
Face à cette menace, plusieurs maires ont pris des mesures préventives. Le préfet a salué « les initiatives des maires du Lavandou, de Saint-Raphaël, du Muy, de La Crau, de Bauduen et de Sainte-Anastasie qui ont annulé ou reporté leurs feux d'artifices tandis que la commune du Cannet-des-Maures a interdit jusqu'au 15 septembre tout spectacle pyrotechnique ». La préfecture avait exprimé son souhait de voir ces feux d'artifice annulés ou reportés, car ils mobilisent du personnel de secours.
Une veillée d'armes pour les pompiers
Au terme de leur seizième jour de lutte, les sapeurs-pompiers ont pu apprécier mercredi soir un repas chaud préparé dans le réfectoire du collège de Carcès, grâce à la mobilisation de cuisiniers du conseil départemental et de la préfecture. De quoi reprendre des forces avant les deux journées à très haut risque qui s'annoncent.



