Le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, a effectué ce mercredi 26 août 2026 une visite des chantiers de reconstruction dans la vallée de la Vésubie, dévastée par les tempêtes Alex (2020) et Aline (2023). Nommé en juillet, il a réaffirmé que « l'État sera aux côtés de la Métropole et des maires pour finaliser ce qui doit l'être dans les deux, trois, quatre années à venir ». Cette visite intervient alors que la Chambre régionale des comptes (CRC) a publié fin août un rapport pointant la lenteur de certains chantiers.
Une visite entre réunion de travail et opération de communication
Accompagné d'Éric Ciotti, maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d'Azur, et de Jean-Christophe Teobaldi, maire de Saint-Martin-Vésubie, le préfet a parcouru les principaux sites de travaux. « C'est à la fois une réunion de travail et une opération de com. Montrer que la machine est lancée et qu'on attend de l'État son soutien », a confié un membre du cortège officiel. « C'est d'autant plus important après la publication de la CRC », a-t-il ajouté.
Le préfet a rappelé que 150 millions d'euros ont été alloués pour la seule vallée de la Vésubie, sur un total de 615 millions d'euros pour l'ensemble des territoires sinistrés. La Métropole a déjà engagé 270 millions d'euros de travaux, et 170 millions d'euros supplémentaires sont encore nécessaires pour achever les derniers chantiers.
Des chantiers clés pour la vallée
Parmi les projets en cours, les ponts de Venanson et de Maïssa, qui remplaceront les ouvrages provisoires, doivent être livrés pour l'été prochain, pour un coût de 19 millions d'euros. Le quartier Deloutre, coupé du village depuis la catastrophe, sera désenclavé via un nouveau pont, espéré fin 2029. Sa réédification, estimée entre 6,5 et 8,3 millions d'euros, débuterait fin 2028 après 18 mois d'études.
La future caserne de pompiers de Saint-Martin-Vésubie verra ses travaux débuter en novembre, pour une durée d'un an. Les berges de la Vésubie seront renaturées avec la plantation de 4 000 arbres au printemps. À Roquebillière, les derniers 500 mètres des 2,2 km d'enrochements bétonnés, pour 3,9 millions d'euros, s'achèvent, réalisés par le Syndicat mixte pour les inondations, l'aménagement et la gestion de l'eau maralpin (Smiage).
Des procédures juridiques jugées trop lentes
Éric Ciotti a déploré « la lenteur des procédures juridictionnelles » concernant plusieurs chantiers, notamment la route de la Madone, la zone artisanale du Touron et le futur commissariat de Saint-Martin. Le chantier de la caserne de gendarmerie est suspendu depuis trois ans par un recours, la zone artisanale a été annulée en octobre 2025 par le tribunal administratif de Nice, et l'accès au sanctuaire marial attend la fin de l'enquête du tribunal judiciaire de Marseille. Seul le premier lacet de la route sera finalisé en février 2027.
Jean-Christophe Teobaldi, maire de Saint-Martin-Vésubie, a exprimé sa satisfaction : « On ne demande pas une très grande faveur, mais six ans après, ça fait du bien d'être entendu ». Il attend désormais un coup d'accélérateur de l'État pour reconstruire une partie du cimetière, un stade et le musée. Il a également évoqué « une épée de Damoclès au-dessus de la tête » avec la sortie du plan de prévention des risques d'inondation au 1er trimestre 2027, qui sera plus contraignant. Malgré la pression, il se veut optimiste : « Depuis la présidence d'Éric Ciotti, il y a un changement radical dans la dynamique des travaux. On est en train de sortir d'un cauchemar. »
Réaménagement du Boréon et préoccupations sur le lit de la rivière
Les abords du lac artificiel du Boréon, défigurés par les tempêtes, seront entièrement réaménagés d'ici l'été 2027. Lancés en juin 2026, les travaux se chiffrent à 5,5 millions d'euros. Une aire de pique-nique, un cheminement piéton avec alignement d'arbres, un belvédère, un ponton flottant accessible aux personnes à mobilité réduite et deux parkings seront créés. Une protection de berge sera installée sur la rive gauche du torrent.
Cyril Marro, directeur du Smiage, a alerté le préfet sur l'accumulation de débris dans le lit de la Vésubie, « certainement en centaines de milliers, si ce n'est en millions de mètres cubes ». Il a expliqué que le niveau du lit est désormais trop élevé, augmentant le risque de débordement. « Si on nous donne l'autorisation, on aurait dix ans pour tout évacuer », a-t-il conclu.



