Un violent séisme de magnitude 7,3 a secoué le Venezuela ce mardi 28 juin, causant la mort d'au moins 10 personnes et blessant des centaines d'autres, selon les autorités locales. L'épicentre a été localisé à proximité de la ville de Cumaná, dans l'État de Sucre, une région déjà éprouvée par des secousses sismiques par le passé.
Des dégâts matériels considérables
Les secousses ont provoqué l'effondrement de plusieurs bâtiments, dont des habitations précaires et des édifices publics. Les équipes de secours sont à pied d'œuvre pour rechercher d'éventuelles victimes sous les décombres. Le président Nicolás Maduro a décrété un deuil national de trois jours et a promis une aide d'urgence aux sinistrés.
Selon l'Institut sismologique vénézuélien, la magnitude du séisme est l'une des plus élevées jamais enregistrées dans le pays. Les répliques, dont certaines de magnitude 5,2, se poursuivent, semant la panique parmi la population.
Un pays fragilisé par la crise économique
Le Venezuela traverse une crise économique et politique sans précédent, avec une inflation galopante, des pénuries de médicaments et de nourriture, et un système de santé défaillant. Cette situation aggrave la vulnérabilité du pays face aux catastrophes naturelles. « Le Venezuela est un pays de malédictions », a déclaré un habitant de Cumaná, interrogé par l'AFP. « Nous n'avons ni les moyens ni la préparation pour faire face à de tels événements. »
Les infrastructures, déjà fragilisées par le manque d'entretien, n'ont pas résisté aux secousses. Les routes sont coupées, rendant difficile l'accès aux zones les plus touchées. Les hôpitaux, déjà saturés par les malades du Covid-19 et les blessés des manifestations, peinent à accueillir les nouvelles victimes.
Une aide internationale limitée
Plusieurs pays, dont la Russie et la Chine, ont proposé leur aide. Cependant, les tensions diplomatiques avec les États-Unis et l'Union européenne compliquent l'acheminement de l'aide humanitaire. Les sanctions internationales pèsent sur l'économie vénézuélienne et limitent sa capacité à importer du matériel de secours.
Le gouvernement vénézuélien a lancé un appel à la solidarité internationale, mais les observateurs estiment que la réponse sera insuffisante. « Le Venezuela est isolé sur la scène internationale, et cela se ressent dans les moments de crise », souligne un expert en géopolitique de l'université centrale du Venezuela.
Une population traumatisée
Les Vénézuéliens, déjà éprouvés par des années de crise, vivent ce nouveau drame avec angoisse. « Nous avons peur de dormir chez nous, peur que tout s'effondre », témoigne une mère de famille de Cumaná. Les autorités ont mis en place des abris d'urgence, mais leur capacité est limitée.
Ce séisme est un nouveau coup dur pour un pays qui peine à se relever. Il met en lumière l'urgence d'une préparation aux catastrophes et d'une coopération internationale accrue, malgré les divergences politiques.



