Le séisme de magnitude 7,1 qui a frappé mardi le sud-ouest du Japon a fait 30 morts, selon un bilan du gouvernement annoncé jeudi. Les opérations de secours se poursuivent sur l'île de Kyushu, où les autorités craignent de nouvelles victimes sous les décombres, tandis que plus de 22 000 foyers restent privés d'électricité et 84 000 sans eau courante, sous des températures atteignant 38 °C.
Bilan humain en hausse et opérations de sauvetage
La Première ministre Sanae Takaichi a confirmé le nouveau bilan de 30 morts. Les secouristes continuent de fouiller les décombres, notamment dans un centre commercial à Kashima, dans le département de Kumamoto, où une explosion a ravagé l'établissement environ 50 minutes après la secousse principale. "Nous avons sorti 10 personnes. Parmi elles, quatre ont été déclarées mortes. Une autre ne présentait plus de signes vitaux. Cinq autres ont subi des blessures, légères ou graves", a déclaré un responsable du bureau régional de gestion des catastrophes à l’AFP.
À l’usine de Nippon Paper de Yatsushiro, cinq décès ont été confirmés et quatre personnes sont portées disparues après l’effondrement d’une partie d’une cheminée industrielle, a indiqué mercredi un responsable gouvernemental à l’AFP.
Explosion dévastatrice dans un centre commercial Aeon
Le centre commercial Aeon avait été évacué après le séisme, mais environ 50 minutes plus tard, une immense explosion a dévasté le bâtiment alors qu’un nombre inconnu d’employés s’y trouvaient encore. Des images tournées à l’intérieur montraient des secouristes en combinaisons orange et casques blancs progressant prudemment parmi des tiges d’acier tordues, des câbles pendants et des plafonds éventrés. Fumihiko Matsuura, un homme d’affaires de 56 ans, a déclaré à l’AFP avoir vu le dernier film Toy Story dans ce centre une semaine auparavant : "C’est comme si j’avais échappé de peu au danger."
Coupures d'eau et chaleur écrasante
Jeudi matin, environ 22 670 foyers et installations restaient privés d’électricité, et 84 000 foyers subissaient des coupures d’eau. Les températures devraient atteindre 38 °C ce week-end dans la région, rendant la situation intenable pour les sinistrés. Des centaines de personnes âgées dormaient sur de légers matelas à même le sol d’un centre communautaire d’Uki, cherchant refuge contre la chaleur. Une résidente ayant souhaité garder l’anonymat a confié à l’AFP : "Dieu merci, ces centres d’accueil existent. J’ai tenté de rester chez moi ou de me reposer dans ma voiture, mais il fait trop chaud et il y a trop de moustiques."
Hiroyuki Matsushima, 53 ans, employé de supermarché et père de quatre enfants, a ajouté : "Avec cette chaleur, c’est très dur de se retrouver sans électricité ni climatisation." Les autorités ont envoyé des centaines d’unités de climatisation dans les centres d’évacuation.
Dégâts matériels et contexte sismique
Le tremblement de terre a provoqué d’importants dégâts sur l’île de Kyushu, détruisant des habitations, endommageant des ponts, déclenchant des incendies et faisant s’effondrer partiellement un mur du château de Kumamoto, vieux de plusieurs siècles. L’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) a évalué la magnitude à 6,8, tandis que l’Agence météorologique japonaise l’a estimée à 7,1.
Le département de Kumamoto avait déjà subi deux séismes dévastateurs en 2016, faisant 273 morts et plus de 2 800 blessés. Situé à la jonction de quatre grandes plaques tectoniques le long de la ceinture de feu du Pacifique, le Japon enregistre environ 18 % des séismes mondiaux chaque année, soit plusieurs centaines de secousses. La plupart sont de faible intensité, mais le pays reste marqué par le séisme géant de magnitude 9 en 2011, qui a déclenché un tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima, faisant 18 500 morts ou disparus.



