Le coût économique de la sécheresse qui frappe la France en 2026 s'annonce supérieur à celui de la canicule de 2022, a déclaré ce lundi la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, lors d'une conférence de presse à Paris. Selon ses estimations préliminaires, les dommages pourraient atteindre 4,5 milliards d'euros, contre 3 milliards d'euros en 2022.
Des secteurs agricole et énergétique lourdement impactés
La ministre a précisé que le secteur agricole est le plus touché, avec des pertes de récoltes estimées à 2 milliards d'euros, notamment dans les cultures de maïs et de tournesol. « Les agriculteurs subissent une situation inédite par son ampleur et sa précocité », a-t-elle souligné. Le secteur énergétique n'est pas en reste : la production hydroélectrique a chuté de 30 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, tandis que les centrales nucléaires, qui dépendent de l'eau pour le refroidissement, ont dû réduire leur production dans plusieurs départements.
Des restrictions d'eau étendues à tout le territoire
Au 27 juillet 2026, 72 départements sont placés en situation de « crise sécheresse », le niveau d'alerte le plus élevé, contre 62 à la même date en 2022. Les restrictions d'eau concernent désormais 45 millions de Français, soit près des deux tiers de la population. Les mesures incluent l'interdiction d'irrigation agricole en journée, la limitation des usages domestiques (arrosage des jardins, remplissage des piscines) et la fermeture de certains canaux de navigation.
Des conséquences sur la biodiversité et les incendies
Au-delà des impacts économiques, la sécheresse aggrave les risques d'incendies de forêt. Depuis le début de l'été, 15 000 hectares sont déjà partis en fumée, soit deux fois plus que la moyenne décennale. Les rivières connaissent des débits historiquement bas, menaçant la biodiversité aquatique. « Nous sommes confrontés à une urgence écologique majeure », a alerté la ministre, annonçant le déblocage d'un fonds d'urgence de 500 millions d'euros pour soutenir les collectivités locales et les agriculteurs.
Des mesures structurelles en préparation
Pour faire face à la multiplication des épisodes de sécheresse liés au changement climatique, le gouvernement prépare un plan d'adaptation à long terme. Celui-ci inclut le développement de la réutilisation des eaux usées traitées, la modernisation des réseaux d'irrigation et la plantation de haies pour retenir l'eau dans les sols. « Il ne s'agit plus seulement de gérer la crise, mais de construire une résilience durable », a conclu Agnès Pannier-Runacher.



