Pour la première fois depuis sa création en 1974, le Rallye du Rouergue est annulé à cause de la canicule. La décision a été prise par la préfecture de l'Aveyron mercredi 8 juillet, à deux jours du départ prévu vendredi 10 et samedi 11 juillet. L'épreuve, inscrite au championnat de France, est victime d'un risque incendie élevé et d'une vigilance orange canicule et feux de forêt dans le département.
Une décision inédite et des conséquences immédiates
L'organisation du rallye, l'ASA Rouergue, a annoncé l'annulation dans un communiqué, précisant que "la mobilisation des services de secours constitue une priorité absolue". L'association a exprimé son soutien au Sdis de l'Aveyron et à tous les personnels mobilisés. "Nous comprenons pleinement cette décision", a-t-elle déclaré, ajoutant que "la solidarité de tous demeure notre priorité".
Cette annulation intervient alors que de nombreux pilotes étaient déjà sur place pour les reconnaissances, ayant traversé la France et engagé des frais d'hébergement. Florian Condamines, pilote millavois, a regretté que la décision n'ait pas été prise plus tôt : "C'est dommage de ne pas avoir anticipé un peu plus, car la situation n'a pas changé depuis le début de semaine."
Mesures préventives insuffisantes
Ces derniers jours, l'organisation avait pris des mesures face à la menace de canicule. Selon nos informations, la préfecture avait exigé qu'une citerne de 4 000 litres soit disponible au départ de chaque spéciale pour prévenir un éventuel départ d'incendie. Le feu a d'ailleurs été plus qu'une menace, comme en témoigne l'incendie agricole survenu au Nayrac, commune qui abrite la bosse de Crussac, un point de passage très fréquenté par les spectateurs.
Réactions des acteurs locaux
Michel Artus, maire de Moyrazès, autre site emblématique du rallye, a commenté : "On peut comprendre cette décision. Il faut savoir mesurer les dégâts possibles." De nombreuses associations et commerces de sa commune se mobilisent habituellement lors du passage des bolides et profitent des retombées économiques. "On rebondira, il faut se souvenir de l'époque Covid", a-t-il ajouté, en pensant à Jean-Claude Bessaou, président de l'ASA Rouergue, pour qui la situation doit être difficile.
Mathian Catusse, pilote amateur aveyronnais qui devait découvrir le Rouergue cette année avec sa compagne Sandra Sabathier, a partagé son ressenti : "J'étais un peu triste quand j'ai appris la nouvelle. Sur le moment, ça fait râler, mais on comprend la décision. Cela ne sert à rien de prendre des risques pour du loisir."
Un avenir incertain face au réchauffement climatique
Alors qu'un report plus tard dans l'année n'est pas envisagé pour l'instant, cette annulation inédite soulève des questions sur l'avenir de l'épreuve. Les vagues de chaleur, promises plus fréquentes et intenses, exposent fortement ce rendez-vous organisé début juillet. L'adaptation aux fortes chaleurs devra être au cœur des réflexions des organisateurs.
Le pilote Florian Condamines a également exprimé un regret : "On devient alarmiste. Il y a vingt ans, je ne pense pas qu'on aurait pris la même décision. Car des Rouergue à 35 °C, on en a connu."



