Le 7 juillet 2026, la cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation de Marine Le Pen et de plusieurs cadres du Rassemblement national (RN) dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Cette décision s'inscrit dans une longue série de démêlés judiciaires du parti d'extrême droite, qui n'a cessé de dénoncer une prétendue persécution des juges tout en accumulant les condamnations.
Un héritage paternel contesté
Le fondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, affichait le slogan « Mains propres et tête haute ». Pourtant, le parti a été condamné à de multiples reprises pour provocation à la haine raciale, contestation de crimes contre l'humanité, détournement de fonds publics ou abus de biens sociaux. Le dossier « Jeanne », concernant des kits de campagne, avait déjà valu une condamnation en 2019.
Ce schéma se répète à l'international. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, allié de Marine Le Pen, a vu son parti Fidesz perdre les élections législatives d'avril 2026 après des années de critiques sur l'indépendance de la justice et des soupçons de corruption. Selon un rapport de l'Union européenne, la Hongrie a détourné 1,5 milliard d'euros de fonds européens entre 2015 et 2025.
Un populisme judiciaire mondial
Le triple visage du RN – prétention à l'incorruptibilité, condamnations répétées et dénonciation des juges – est une constante chez les dirigeants d'extrême droite. « Ce populisme judiciaire vise à délégitimer les institutions pour mieux les contrôler », analyse Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite.
En Pologne, le parti Droit et Justice (PiS) a été condamné par la Cour de justice de l'Union européenne pour avoir violé l'indépendance judiciaire. Aux États-Unis, Donald Trump, allié idéologique de Le Pen, a été inculpé à quatre reprises en 2023-2024 pour fraude fiscale, subornation de témoin et complot contre l'État.
Des conséquences sur l'État de droit
Cette stratégie de confrontation avec la justice affaiblit les démocraties. En Hongrie, Orbán a modifié la Constitution pour réduire les pouvoirs de la Cour constitutionnelle. En Pologne, le PiS a créé une chambre disciplinaire contrôlée par l'exécutif pour sanctionner les juges.
Pour Marine Le Pen, la décision de juillet 2026 pourrait avoir des conséquences politiques majeures. Si elle est déclarée inéligible, elle ne pourrait pas se présenter à l'élection présidentielle de 2027. « C'est une attaque contre la démocratie », a-t-elle déclaré, reprenant le discours de ses alliés internationaux.



