La commission spéciale de l’Assemblée nationale a rejeté le 2 juillet 2026 un amendement de La France insoumise (LFI) qui visait à supprimer le contrôle du fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait) pour l’accueil des enfants placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Ce texte, soutenu par de nombreux députés LFI, a suscité l’indignation de la députée LR de Savoie Émilie Bonnivard.
Une réaction d'abasourdissement
Lors de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la protection des enfants, Émilie Bonnivard s’est dite « abasourdie, tourmentée » par l’amendement. « Je suis indignée, et c’est vrai que ça me fait peur quand j’entends parler de Jean-Luc Mélenchon qui arrive au pouvoir en 2027, si ça se traduit par ce genre de chose », a-t-elle déclaré. Selon elle, l’amendement permettrait de « confier les enfants de l’ASE à des auteurs d’infractions terroristes ».
Le contenu de l'amendement
Déposé au nom de Gabrielle Cathala, députée LFI du Val-d’Oise, l’amendement ciblait l’article 5 du projet de loi. Cet article impose des vérifications sur les antécédents judiciaires des personnes accueillant un enfant à leur domicile dans le cadre d’un placement judiciaire. Le texte LFI souhaitait supprimer la vérification du Fijait, arguant que des personnes peuvent y être inscrites « dès le statut de la mise en examen, notamment pour apologie du terrorisme ». LFI milite depuis plusieurs années pour retirer l’apologie du terrorisme du Code pénal et la replacer dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse, comme le rapporte Le Figaro.
Des explications de la députée LFI
Interrogée par nos confrères, Gabrielle Cathala a expliqué que « les amendements sur ce texte ont été déposés dans la précipitation sans respecter les canaux de validation habituels » du parti. Elle a affirmé ne pas avoir validé elle-même l’amendement. Selon La Dépêche du Midi, l’ensemble des parlementaires LFI soutenaient cet amendement, y compris ceux de Toulouse, comme François Piquemal. La ville de Toulouse a été touchée par un attentat islamiste en 2012.
Retrait après le vote
Le texte a été retiré après avoir été soumis au vote. La commission spéciale l’a rejeté, mais l’incident a ravivé les critiques contre LFI sur la question du terrorisme et de la protection de l’enfance.



