Au moins 14 personnes ont perdu la vie dans des inondations soudaines survenues samedi dans la vallée de Thame, au Népal, selon les autorités locales. Les scientifiques privilégient l'hypothèse d'un effondrement glaciaire, un phénomène aggravé par le changement climatique.
Un bilan humain encore provisoire
Les inondations ont frappé le village de Thame, situé dans le district de Solukhumbu, une région himalayenne proche de l'Everest. Les secouristes ont confirmé au moins 14 décès, tandis que plusieurs personnes restent portées disparues. Les opérations de recherche se poursuivent, entravées par les conditions météorologiques et le terrain accidenté.
Selon les témoignages recueillis sur place, l'eau et les débris ont déferlé brutalement, emportant des habitations et des infrastructures. Les ponts et les routes ont été endommagés, isolant temporairement certaines zones. Les autorités népalaises ont déployé des équipes de secours, mais l'accès reste difficile.
L'hypothèse d'un effondrement glaciaire
Les scientifiques interrogés par les médias internationaux estiment que ces inondations pourraient résulter d'un effondrement de glace ou d'un glissement de terrain dans un lac glaciaire. Ce type d'événement, appelé « déferlement glaciaire », se produit lorsqu'un bloc de glace se détache et provoque une vague destructrice dans un lac d'altitude.
« Nous avons observé des signes de fonte accélérée des glaciers dans cette région », a déclaré un glaciologue de l'Université de Katmandou, cité par la presse. « Le réchauffement climatique fragilise les structures glaciaires, augmentant le risque de ruptures soudaines. » Ces propos illustrent le lien direct entre le dérèglement climatique et la multiplication de ces catastrophes.
Un risque croissant lié au climat
Les scientifiques soulignent que les glaciers himalayens reculent à un rythme alarmant. Les lacs glaciaires, alimentés par la fonte, se remplissent et deviennent instables. Une simple secousse sismique ou une chute de glace peut déclencher une débâcle, provoquant des inondations dévastatrices en aval.
Le Népal, pays montagneux parmi les plus vulnérables au changement climatique, a déjà connu plusieurs catastrophes similaires ces dernières années. En 2016, une inondation glaciaire avait fait des dizaines de morts dans le district de Dolakha. Les experts appellent à renforcer les systèmes d'alerte précoce et à surveiller les lacs glaciaires les plus dangereux.
Des conséquences durables pour la région
Au-delà du bilan humain, ces inondations menacent les moyens de subsistance des habitants de Thame, une région dépendante du tourisme et de l'agriculture. Les dégâts matériels sont considérables : maisons détruites, champs inondés, bétail emporté. La reconstruction prendra des mois, voire des années, dans une zone déjà isolée.
Les autorités népalaises ont annoncé une enquête pour déterminer les causes exactes de la catastrophe et évaluer les mesures à prendre pour prévenir de futurs événements. En attendant, les scientifiques insistent sur l'urgence d'une action mondiale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, seuls à même de ralentir la fonte des glaciers et de limiter les risques.



