La France et l'Espagne bénéficient d'un soutien européen massif pour lutter contre les incendies dévastateurs qui ravagent les environs de Bordeaux et de Madrid. Le Mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE), coordonné depuis Bruxelles, permet une réponse collective aux demandes des États membres, bien que chaque pays reste responsable de la gestion de la catastrophe. Cependant, face à l'ampleur des feux, le dispositif rencontre ses limites. « Le système est sous pression, mais il marche », confiait lundi un haut fonctionnaire de la Commission européenne impliqué dans la gestion des crises.
Des moyens aériens et terrestres déployés
En France, l'UE a déployé sept avions de lutte contre les incendies et quatre hélicoptères, fournis par sept pays : le Portugal, l'Allemagne, la Suède, la Croatie, la République tchèque, la Slovaquie et la Turquie. Outre les 27 États membres, dix pays européens non communautaires participent au mécanisme. En Espagne, six avions ont été mobilisés depuis la Grèce, l'Italie et la Turquie, ainsi que trois équipes au sol de pompiers portugais, avec 41 véhicules et 134 personnels. Le système satellitaire Copernicus fournit des cartes en temps réel de la progression des feux pour guider les équipes. Depuis vendredi, un fonctionnaire de la Commission est détaché à Bordeaux pour coordonner les moyens.
La commissaire européenne appelle à la solidarité
« Aucun pays ne devrait jamais avoir à faire face seul à un désastre de cette ampleur », assure la commissaire européenne chargée de la gestion des crises, la Belge Hadja Labib, dans une déclaration transmise aux médias. « Voilà pourquoi l’Europe construit une capacité de réponse commune : des avions, des pompiers et un soutien additionnel disponible si besoin. Je le dis aux peuples de France et d’Espagne : nous sommes à vos côtés, jusqu’à l’extinction des incendies. »
Un dispositif européen sous pression
Depuis le début de la saison des feux de forêt en Europe, qui a commencé dès avril, l'UE déploie 22 avions, cinq hélicoptères et 770 sapeurs-pompiers issus de quatorze pays, positionnés dans six pays du sud : Portugal, Espagne, France, Italie, Grèce et, pour la première fois cette année, Chypre. Quelque 140 pompiers européens sont stationnés en France cet été, tandis que des équipes françaises ont été envoyées en Grèce et en Italie. Tous ces moyens, intégralement financés par l'UE, sont fournis par les États membres pour constituer une réserve stratégique communautaire. Pour renforcer ses capacités, la Commission a commandé douze avions Canadair et cinq hélicoptères qu'elle gérera directement au sein d'une flotte permanente. Un premier hélicoptère est déployé en Roumanie, les autres appareils devant être livrés d'ici 2030, précise un porte-parole de la Commission.
Un mécanisme éprouvé depuis 2001
Créé en 2001, le Mécanisme de protection civile a été considérablement renforcé. Il a été activé plus de 800 fois. Il a permis de coordonner l'acheminement en Ukraine de médicaments, d'équipements sanitaires et de générateurs électriques après l'invasion russe de 2022. Il a été activé contre des feux de forêt et des inondations, comme celles de 2024 dans la région de Valence en Espagne. Il a aussi aidé des pays tiers : lors de l'explosion du port de Beyrouth en 2020, à la demande des autorités libanaises ; lors des tremblements de terre en Turquie et en Syrie en 2023, à la demande d'Ankara et de Damas ; et pour accueillir des grands brûlés dans des hôpitaux européens après l'incendie d'un bar à Crans-Montana (Suisse) le 1er janvier 2026.
Un appel à un financement accru
Les Vingt-Sept ont commencé cette année à négocier le budget de l'UE pour la période 2028-2034. La Commission espère que l'ampleur des catastrophes de l'été 2026 favorisera une prise de conscience dans les capitales sur l'utilité de financer une capacité collective de réponse aux catastrophes à la hauteur des défis. « Ce n'est pas seulement une question de solidarité entre Européens. C'est aussi une affaire d'efficacité face à des risques qui, en raison du réchauffement climatique, ne cessent d'empirer. »



