Incendie de Fontainebleau : la mobilisation pour les animaux peut être dangereuse
Incendie Fontainebleau : mobilisation animaux dangereuse

Depuis le 12 juillet, les incendies en forêt de Fontainebleau ont brûlé 2 000 hectares. Si le feu est fixé depuis mardi, il n'est pas encore éteint. Sur les réseaux sociaux, des messages circulent pour venir en aide aux animaux domestiques ou sauvages qui ont fui les flammes, avec des initiatives comme l'installation d'abreuvoirs ou des collectes de graines pour oiseaux, de sérum physiologique ou de couvertures de survie.

Les associations alertent sur les risques

Cet élan de générosité peut mener à des imprudences aggravant la situation, alertent les associations, qui appellent à ne pas gêner le travail des secours ou à se mettre en danger. Les abreuvoirs artificiels peuvent favoriser la propagation de maladies ou devenir des pièges pour la petite faune qui peut s'y noyer, expliquent Faune Alfort, centre de soins pour animaux sauvages en Île-de-France, et la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Il est recommandé d'installer un récipient peu profond, d'y mettre une pierre pour permettre à l'animal de sortir et de renouveler l'eau régulièrement.

Une mobilisation massive mais encadrée

L'association Futur, qui défend la cause animale, participe à l'organisation de cette forte mobilisation. Plus de 6 100 personnes ont rejoint ses boucles WhatsApp. Quelques centaines ont été mobilisées dans des collectes ou des opérations de secours pour des signalements d'animaux blessés. Mais les besoins ont été pourvus et les inscriptions sont closes. Louis, coordinateur de la cellule de crise de l'association, insiste : « L'essentiel de notre travail, c'est de temporiser, de convaincre les gens de ne pas s'approcher, il ne faut pas que 6 000 personnes aillent dans la forêt de Fontainebleau ! »

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Un chevreuil secouru dans la nuit du 15 juillet

Prostré et mal en point, un chevreuil a pu être secouru dans la nuit du 15 au 16 juillet du côté de Nemours, alors qu'il présentait des difficultés respiratoires. Après un signalement, un bénévole est intervenu, a pulvérisé de l'eau avec un brumisateur et mis une serviette mouillée sur son corps. « Une vétérinaire de notre réseau est venue et a sédaté le chevreuil, poursuit Amadeus, président de l'association Futur. On a cherché un lieu d'accueil pour la nuit, puis il a été emmené à Faune Alfort, il va mieux et va être relâché. » L'association a aussi contribué à l'évacuation en urgence de 70 chiens d'un chenil à Ury menacé par les feux.

Des biches fatiguées au bord de la route

Dylan, un auxiliaire animalier de 22 ans habitant dans le Val-de-Marne, a posé des congés jusqu'à vendredi pour pouvoir aider. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, il a participé à une intervention, en dehors des zones interdites d'accès par les sapeurs-pompiers, après que des animaux ont été signalés. « On a porté secours à trois biches et un chien en divagation, détaille-t-il. Les biches étaient couchées sur le bord de la route, elles étaient assez fatiguées, on les a examinées, mais on en a laissé partir deux, car elles n'allaient pas mourir. » La troisième a été grièvement brûlée au niveau du dos et de l'encolure ; elle a succombé à ses blessures alors que le camion la transportait auprès d'une vétérinaire.

L'extinction des feux peut prendre plusieurs semaines

« On est en attente de l'accord des pompiers pour pouvoir pénétrer dans la forêt de Fontainebleau et porter assistance aux autres animaux », poursuit Dylan. Du côté du service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne, son porte-parole, Paul-Edouard Laurain, précise que les pompiers n'ont pas pris en charge d'animaux pour l'heure, cela ne faisant pas partie des objectifs fixés. « Maintenant que le feu s'est largement calmé, on serait amené à prendre en compte plus facilement les animaux blessés », souligne-t-il.

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Les sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne ont aussi appelé sur leurs réseaux sociaux à ne plus apporter de dons, leurs besoins étant couverts. L'association Faune Alfort ajoute que, de manière générale, « très peu d'animaux arrivent jusqu'aux centres de soins après un incendie. Les plus vaillants réussissent à fuir, tandis que les plus vulnérables périssent malheureusement sur place ». De même, la LPO indique que, n'ayant pas encore été autorisée à intervenir sur place par les services de secours, elle n'a pas de visibilité sur le nombre d'animaux touchés ou pris en charge.