Depuis ce lundi 20 juillet 2026 en fin d'après-midi, l'incendie qui s'était déclaré dimanche dans le Var et a ravagé 200 hectares dans le secteur de Taradeau - Les Arcs est déclaré « fixé ». Mais le travail est loin de s'arrêter pour les nombreux sapeurs-pompiers mobilisés sur le terrain. Qu'est-ce qu'un « feu fixé » et combien de temps celui-ci peut-il encore couver sous terre ?
Qu'est-ce qu'un feu dit « fixé » ?
Un « feu fixé » décrit un incendie qui ne progresse plus. En revanche, celui-ci continue de brûler à l'intérieur de son périmètre. À la différence d'un feu éteint qui ne montre plus aucun signe d'activité, il peut encore dégager de la fumée, contenir des braises et des points chauds. C'est le directeur des opérations au sein du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du territoire concerné qui déclare, après de multiples constatations, qu'un feu est fixé.
« Ce terme marque un tournant dans la gestion d'un sinistre : les moyens engagés peuvent se concentrer sur la surveillance et la consolidation plutôt que sur l'attaque frontale », peut-on lire sur le site Aquaagir de la Banque des territoires, programme dédié à l'accompagnement des collectivités sur la gestion de l'eau.
Une fois le feu fixé, il peut couver… sous terre
Déclarer un feu « fixé » ne signifie pas répit pour les sapeurs-pompiers. Loin de là. Car doivent alors s'enclencher de cruciales opérations de « noyage ». Pouvant durer plusieurs jours, celles-ci ont pour mission d'éteindre tous les points chauds encore actifs. Il s'agit d'arroser abondamment les zones brûlées, voire d'en gratter le sol pour faire pénétrer l'eau encore plus en profondeur et éteindre les foyers souterrains.
« Les souches et les litières épaisses conservent en profondeur des combustions qui peuvent se raviver et propager le feu dans les lisières épargnées », indique le site Prévention incendie. Concrètement, le feu peut perdurer sous la terre et s'y déplacer pour rejaillir bien plus loin. On parle alors de « feu souterrain » ou encore de « feu zombie », comme c'est le cas en forêt de Fontainebleau, en région parisienne. Celui-ci chemine en profondeur en consumant les matières organiques du sol (notamment la tourbe), sous la couverture morte de la forêt.
En Gironde, frappée par des incendies XXL qui avaient ravagé plus de 20 000 hectares de végétation en 2022, le feu consumait encore le sous-sol… près de deux ans après avoir été fixé, relatait Le Nouvel Obs en 2024.
Dans le Var, les pompiers espèrent un noyage rapide
Dans le Var, où l'incendie de Taradeau - Les Arcs a pris des proportions bien plus modestes, les sapeurs-pompiers espèrent venir très rapidement à bout du noyage. Car il y a urgence à ce que les troupes soient de nouveau disponibles. « Nous voudrions que ces opérations durent le moins de temps possible, car nous avons besoin de libérer des hommes et du matériel. Il va falloir gérer le temps, la durée, la disponibilité des avions », prévenait ce lundi soir le contrôleur général Eric Grohin, directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Var.
Dans le département, toujours sous vigilance orange à la canicule ce mardi, chaleur, sécheresse et vent restent un terreau malheureusement très favorable à d'autres départs de feu. Ce mardi, 7 massifs forestiers sont encore fermés en raison d'un très fort risque d'incendies.



