La Grèce fait face à l'une des pires saisons d'incendies de son histoire. Depuis juin 2024, plus de 100 000 hectares de forêts et de terres agricoles sont partis en fumée, selon les autorités. Les mégafeux, attisés par des températures records et une sécheresse prolongée, menacent habitations et vies humaines.
Des moyens colossaux mobilisés
Le gouvernement grec a déployé un dispositif sans précédent : plus de 2 000 pompiers, 15 avions bombardiers d'eau et 20 hélicoptères, appuyés par des renforts européens. « Nous faisons face à des conditions extrêmes, mais nous ne céderons pas un mètre de terrain aux flammes », a déclaré le ministre de la Protection civile, Vassilis Kikilias, dans un communiqué.
Les équipes au sol travaillent 24 heures sur 24, avec des rotations régulières pour éviter l'épuisement. Des dizaines de volontaires aident également à évacuer les villages et à protéger les habitations.
Le rôle du changement climatique
Les scientifiques pointent du doigt le réchauffement climatique comme facteur aggravant. Les températures estivales en Grèce ont augmenté de 1,5 °C depuis l'ère préindustrielle, allongeant la saison des feux de deux semaines. « Nous assistons à une nouvelle génération d'incendies, plus intenses et plus rapides », a expliqué le climatologue Nikos Christidis à l'AFP.
Selon le service météorologique national, la Grèce a connu son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, avec une moyenne de 34 °C sur l'ensemble du territoire. Ces conditions favorisent la propagation des flammes, transformant chaque incendie en potentiel mégafeu.
Des conséquences dramatiques
Les incendies ont déjà coûté la vie à trois personnes et détruit plus de 200 maisons. Des milliers d'habitants ont dû être évacués par mesure de précaution. Les dégâts économiques sont estimés à plusieurs centaines de millions d'euros, notamment dans les secteurs agricole et touristique.
Les zones protégées, comme le parc national du Parnès près d'Athènes, ont été particulièrement touchées. La perte de biodiversité est considérable, avec des espèces endémiques menacées.
Les leçons du passé
La Grèce a déjà connu des incendies dévastateurs, comme ceux de 2021 en Élide ou en Eubée. Depuis, des efforts ont été faits pour améliorer la prévention : création de coupe-feux, désencombrement des forêts et mise en place de systèmes de surveillance par drones. Mais ces mesures restent insuffisantes face à l'ampleur des feux actuels.
« Nous devons investir davantage dans la prévention et l'adaptation au changement climatique », a souligné le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lors d'une visite dans une zone sinistrée. L'UE a débloqué une aide d'urgence de 50 millions d'euros, mais les autorités grecques réclament un fonds climatique européen permanent pour faire face aux catastrophes.
Un avenir incertain
Alors que la saison des incendies n'est pas terminée, les prévisions météorologiques annoncent encore des températures élevées et des vents forts. La Grèce reste en état d'alerte maximale. Les pompiers continuent de lutter sur plusieurs fronts, notamment en Crète, dans le Péloponnèse et en Attique.
Cet été 2024 marque un tournant : il démontre que même les pays méditerranéens les mieux préparés ne peuvent plus dompter seuls des incendies d'une telle intensité. La coopération internationale et la lutte contre le réchauffement climatique deviennent des impératifs.



